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 I'm so obsessed with you - Leo


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I'm so obsessed with you
Leo & Yulian
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Il était clair qu’il apportait bien plus d’attention à cette fille qu’à n’importe quelle autre allure féminine passant dans cette rue et bien plus qu’à toutes celles que le jeune homme avait l’habitude de fréquenter. Il s’intéressait constamment à la gente féminine et il était toujours tenté par le fait de draguer le sexe opposé mais parfois, ça ne lui apportait rien, exactement comme à cet instant très précis. Ce qui l’attirait chez cette fameuse inconnue n’était ni sa poitrine –qu’il trouvait d’ailleurs bien trop inexistante-, ni sa beauté fulgurante. Elle était tout ce qu’il y avait de plus banale. Elle n’était pas laide, loin de là, elle avait des yeux qui avaient certainement la capacité de transpercer n’importe qui et ce fut le cas pour Yulian. Il n’arrivait pas à mettre de mot sur ce qu’il ressentait pour elle, c’était fort mais en même temps, dénué de tout sens logique et de toute forme de rationalité commune. Il ne savait pas du tout quoi en penser bien qu’il se doutait de la manière dont il devait agir, il n’arrivait pas du tout à cerner cette fille. Il agissait de manière naturelle, à sa façon, sans jamais en faire trop, ne voulant pas vraiment la faire fuir pour de bon. Même si sa présence de l’autre côté de la rue était problématique, il n’avait pas signé de papier à la commune pour racheter cette partie du trottoir et donc, il n’avait aucun droit sur elle et par ce fait, aucun droit de la virer. Il était conscient que ce trafic devait avoir une importance capitale pour elle, c’était une évidence. Personne ne prendrait ce risque à moins d’avoir une bonne raison. Alors il s’était dit qu’il allait le découvrir, qu’il allait essayer de se démarquer et de lui tirer les vers du nez pour qu’elle avoue et qu’elle se laisse aider par Yulian, si besoin était.

Dès lors qu’il ouvrit la bouche pour la taquiner sur la couleur de ses joues, le regard de la jeune femme changea et devint soudainement plus noir que jamais. Chaque stries de ses iris se teintèrent d’une sombre couleur qui changea la jeune femme en véritable tigresse enragée, allant même jusqu’à s’égosiller en pleine rue. Le jeune homme resta un instant cloué sur place, le visage fermé et presque étonné. C’était un peu comme si la plus timide des filles sur terre, la plus renfermée et la plus introvertie se changea en la plus féroce et la plus sauvage. Au fond, ça lui plaisait à lui, ça lui montrait que sous ses faux airs de sainte nitouche dealeuse, elle pouvait se montrer sûre d’elle et forte. Alors, sur ses lèvres s’inscrit un sourire moelleux et discret, comme pour lui signaler qu’elle était encore plus mignonne lorsqu’elle sortait les griffes, mais il eut évidemment évité de lui signaler, voulant éviter tout de même les morsures. Puis, lorsque l’occasion se présenta, Yulian lâcha cette phrase à consonance parfaitement perverse qui le fit jubiler encore un peu plus. Il continuait de la regarder, de la tester, de la chercher des yeux. C’était amusant, plus qu’un combat visuel, c’était un combat complètement farfelu et abstrait qui s’annonçait, donnant au jeune russe l’envie de se rapprocher lentement d’elle. « Non, c’est parfait. J’adore quand elles sont mineures. C’est plus excitant, tu comprends, j’adore prendre des risques. » Evidemment, il se moquait encore d’elle, ouvertement, toujours le sourire aux lèvres. Yulian était plutôt du genre à préférer les femmes mûres, les filles un peu plus âgée que lui. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais les petites minettes de l’intéressaient pas, physiquement oui, mentalement non. Et cette inconnue faisait partie de la deuxième catégorie, elle ne dépassait pas les vingt-deux ans, sûrement, et son air de gamine ne lui donnait envie que de lui offrir une sucrerie. Il espérait la casser toujours et encore plus, de réplique en réplique pour qu’enfin elle cède et qu’elle se libère enfin de ces chaînes invisibles qui la rendaient si fragile et si faible.

Ses yeux se firent plus insistants, plus grands, plus gros et plus froncés. Elle lui avait dit qu’elle adorait se faire violenter, qu’à force, elle y prenait goût. Et c’est à ce moment que tout vacilla dans la tête du jeune homme. Si elle avouait ce genre de chose, c’était que réellement elle se faisait violenter et que par conséquent, cela voulait dire qu’il avait raison et qu’il devait faire quelque chose. Tout un tas d’informations plus vibrantes les unes que les autres se mirent à s’entrechoquer dans son esprit tourmenté, il se demanda si vraiment il avait bien fait de gratter autant à la surface de cette perle qu’il venait de trouver. Il se demanda également s’il n’avait pas mis un pied de trop dans l’espace vitale de la jeune femme et il espérait simplement que maintenant, elle n’allait pas s’enfuir pour de bon. Bouche-bé, il ne répondit pas sur le moment, bien trop préoccupé par ce qu’elle venait de dire puis, elle ajouta le mot de trop, le mot qui le fit sortir de ses gonds pour de bon, le fait qu’il serait le premier à la frapper. Les paroles fusèrent, sans hésitation, lui plaquant dans la figure les vérités blessantes dont il avait découvert l’existence dans son esprit. Il se mit à trembler, à suer presque et s’énerva contre elle. Pourtant, elle ne se démonta pas, répliquant presque immédiatement, à la grande surprise de Yulian. Il avait compris. C’était un vrai fantôme. Et ce, pour tout le monde. Il n’en avait pas l’air mais le jeune homme était très intelligent et il comprenait facilement ce qui se tramait dans les esprits de chacun. C’était une capacité, ou simplement une qualité d’empathie qu’il traînait avec lui depuis des années, depuis qu’il avait découvert la vérité sur ses parents, à vrai dire. Elle parlait d’être sauvée, mais sauvée de quoi ? Il ne comprenait pas pour l’instant, certes, elle dealait et c’était son choix, peut-être même qu’elle pouvait arrêter à tout moment pour pouvoir être « sauvée » mais il y avait quelque chose d’autre. Cette fille ne pouvait pas être aussi torturée dans son esprit que pour avoir une vie saine. « Je vais te foutre la paix, t’inquiète pas. » Dit-il en premier, cherchant presque ses mots à ce moment-là, trop perdu dans ses pensées pour continuer. Un petit silence s’installa, les deux jeunes se regardèrent dans les yeux, à tour de rôle et Yulian ressentit le besoin de tenir une cigarette entre ses lèvres alors, il en sortit une qu’il commença à fumer, tirant toujours un peu plus sur le filtre du mégot. « Pourquoi tu veux pas exister ? Tu dois être sacrément tarée pour dire des trucs pareils. » Continua-t-il sans plus la taquiner ou jouer avec ses nerfs, il se fit plus docile, préférant user de la douceur pour tenter de comprendre la situation délicate dans laquelle la jeune fille s’inscrivait. « Une ribambelle d’amis ? » Il se mit à ricaner doucement. « J’ai certainement autant d’amis que toi. » Finit-il par dire. Il les comptait sur les doigts d’une seule main, les autres n’étaient que des connaissances ou bien des partenaires de soirée, rien à voir avec la véritable définition du mot « ami ». Elle avoua enfin qu’elle était névrosée et Yulian se mit à l’observer, bien plus attentivement que les fois précédentes. Elle s’appuya contre le mur ce qui donna au jeune homme tout le loisir de regarder son corps, mince et svelte, presque attirant. La jeune femme alluma une cigarette, presque au même moment que lui, c’était du mimétisme ou quoi ? Elle était réellement névrosée en fait. Il réfléchit un instant et se dit que si elle n’était pas partie, c’est qu’elle aimait être en sa compagnie et que, de ce fait, ça ne l’a dérangeait pas qu’il lui adresse la parole. «  Une petite amie ? J’ai bien un plan cul mais je crois que c’est différent. » Répondit-il à sa première suggestion. Il n’avait jamais de petite amie, toujours des filles, par-ci par-là, pas de sentiments, juste du corporel. « Je parle plus à mes parents. Enfin, en tout cas, je les évite. » Avoua-t-il surprenamment. Il ne parlait jamais de sa famille et il n’avouait jamais ce genre de chose et là, cette fille était une totale inconnue pourtant, il l’avait lâché. Peut-être qu’inconsciemment il avait compris que s’il voulait qu’elle se libère, c’était qu’il devait également se défaire de ses propres démons. « Et non, j’ai pas de chien. Personne m’attend. Je suis libre, aussi libre que la fumée que t’es en train d’inhaler. Aucune obligation, je gère mon boulot comme je l’entends et je fais ce que je veux quand je veux. » Il tira les dernières bouffées de sa clope consumée et la jeta mécaniquement à terre pour l’écraser comme il le faisait d’habitude. « T’as envie que je parte, hein ? » Dit-il, le sourire à demi plaqué sur ses lèvres fines. « Je partirai pas. » Un regard compétiteur s’installa dans ses yeux tout en se rapprochant quelque peu de la jeune femme qui avait le ventre qui criait famine. Il lui avait proposé un grec, de manière détournée, elle avait accepté, de manière tout aussi détournée. « Un rendez-vous ça se prévoit, nan ? Là, je te propose juste d’aller te nourrir avec moi, c’est pas un rendez-vous. Et de toute façon, je comptais pas te payer le repas. » Il se mit à sourire, amusé, il commença à avancer pour les diriger vers le snack. « Suis-moi. » Lui ordonna-t-il. Il avait tout gagné. Elle allait le suivre et elle lui avait fait des déclarations –à demi-mot seulement, mais c’en était tout de même.- Il était parfaitement aux anges et il planait complètement. C’était tout ce dont il attendait de cette entrevue et cette fille continuait de marcher dans son jeu. Que demander de plus ? « T’es du coin ? » Lui demanda-t-il, l’air interrogateur. « Crois pas que j’ai envie de sympathiser avec toi, je te pose cette question parce que j’ai aucune envie que le chemin soit silencieux. Et t’en fais pas, j’empièterais pas sur ta vie personnelle. » Ils avancèrent tous les deux, côte à côte, l’image était incroyable. Deux jeunes, totalement inconnus l’un pour l’autre, ne connaissant pas même leur prénoms respectifs, marchant dans la rue, l’un à côté de l’autre pour se rendre dans un Grec. Qui l’aurait cru, Yulian, le grand solitaire avait trouvé une compagnie pour la soirée, peut-être pour un peu plus, il espérait, mais il se doutait qu’elle allait se dérober, d’un moment à l’autre. Ils discutèrent ensemble mais arrivèrent très rapidement en face de l’établissement. Yulian se permit une galanterie en lui ouvrant la porte et la laissa passer la première. L’endroit n’avait aucun luxe, c’était même plutôt un peu miteux, mais le principal c’est qu’il y avait cette ambiance chaleureuse et une nourriture à défier tous les fast-foods. Le russe s’approcha d’un homme, la quarantaine, moustachu et lui serra la main. Ils échangèrent quelques mots jusqu’à ce qu’ils regardent ensemble la jeune inconnue. Yulian se mit à sourire et se rapprocha d’elle pour lui indiquer la table où ils allaient se mettre. « Viens, on sera bien ici. » Il commença à la regarder dans les yeux, sans vraiment sourire, ni vraiment d’autres expressions sur le visage, d’ailleurs. « T’aimes bien quoi en général ? » Se permit-il de lui demander tout en prenant la carte devant ses yeux. « Fin, je m’en fous, c’est juste pour te conseiller. » En fait, nan il ne s’en fichait pas, il était même bien intrigué par cette jeune enfant et c’était bien la raison pour laquelle il ne voulait plus s’en défaire avant d’avoir atteint son objectif : Se lier à elle. D’une quelconque manière, mais il savait qu’il avait des choses à lui apporter, tout comme elle avait des choses à lui apporter, à lui…



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Elle lui avait donné trop de temps, trop de paroles jeter sans réfléchir. Ce mec éveillait la partie la plus  sombre de son être. Personne n'avait jamais été aussi loin avec elle, n'avait jamais brisé les barrières qu'elle avait soigneusement irriguées autour d'elle pour que plus personne ne puisse l’atteindre, que les coups que lui donnaient Christie ne soient plus qu'une mauvaise passe et que la méchanceté, le jugement d'autrui ne soit qu'un lointain souvenir, un murmure qu'elle n’entendait pas. Et lui, lui qui venait avec son arrogance, son visage si peu désagréable à regarder,lui, il était venu tout fracasser à coups de mots qu'elle eut du mal à avaler. Il ne la ménageait pas comme le faisait la plupart des personnes autour d'elle, il ne pesait pas ses mots et elle se demanda un instant si elle aurait dû le remercier, lui être reconnaissante de lui parler d'égal à égal. Pourtant ses paroles n'avaient rien de rassurantes, d'apaisantes, non, elles lui donnaient envie de rebeller, de devenir cette fille sauvage qu'elle avait endormi sous une énorme couche de timidité maladive et un mutisme éternel. Alors qu'elle continuait de lui répondre, il surenchérissait, sans se fatiguer, il continuait son manège et elle marchait comme l'idiote qu'elle était. Sa voix s'éleva plus fort puis redevint un murmure et toujours la même litanie. Elle en vint à rougir en l'entendant sous entendre que ça ne le dérangerait pas de coucher avec elle. Leo n'était pas pure, elle n'avait plus rien d'une pucelle exemplaire, elle était l'exemple même d'une dépravée qui se cachait bien. Les soirées où elle avait fini droguée, bourrée et dans des lits inconnus étaient nombreux, elle n'en avait simplement retenu aucun plaisir. Juste une impression amère de n'être qu'un débris de l'humanité, d'être la salope que tout le monde voulait qu'elle soit. Alors elle mentit elle n'avait pas envie qu'il la désire, qu'il observe ses lèvres, qu'il ait l'envie soudaine de la voir comme une femme désirable, elle n'était rien de tout ça. Pourtant, ça ne l'arrêta pas et il sourit, même. Elle cilla,, décontenancée par sa verve. Quoi qu'elle dise, il resterait ce mec fier et avec du répondant, il ne baisserait pas sa garde. Alors elle joua franc jeu et répliqua un simple « Je suis asexuel alors tu peux bien désir ce que tu veux, je ressentirais que dalle. » Mensonge, elle n'avait aucune preuve qu'elle l'était, n'avait vu aucun spécialiste. Mais quelque chose clochait chez elle, elle le savait. De son esprit à son corps, tout était détériorés.  Elle faiblit et elle parla encore, lui répondit toujours. Elle le vit s'énerver lorsqu'il remarqua sa lèvre blessée et il s'enhardit encore plus lorsqu'elle répliqua. Comme deux cons sur un trottoir, elle oublia qu'elle était entouré de plusieurs personnes, qu'ils n'étaient pas dans une pièce close, qu'elle n'était plus du tout en sécurité et ne le serait sûrement jamais. Un froid étrange s'empara de son corps lorsqu'il lui reprocha d'aimer se faire taper. Est-ce qu'elle aimait vraiment ça ? Avait-elle développer une sorte de masochisme stupide envers les coups de Christie ? Non. Non elle détestait  ça et savait qu'elle restait simplement car cette garce serait prête à la balancer aux flic concernant son trafic, que si elle, simple victime, tentait quoi que ce soit pour la dénoncer, ses enfants manqueraient d'une mère. Alors elle se faisait petite, elle évitait le sujet et prenait son mal en patience, se disant que la sentence serait bientôt acquittée. Elle détourna le regard et lâcha une phrase, la réflexion n'étant plus au goût du jour, apparemment. Elle l'entendit répondre et reporta son attention sur lui, il semblait la voir réellement et cela la mit mal à l'aise. Elle avait perdue l'habitude d'être celle que l'on regardait, que l'on tentait de connaître. Elle avait repoussée tout le monde, sans réelles exceptions et la voilà qui prenait un plaisir étrange à lui répondre.

Le ton monta encore, comme une symphonie qui s'élançait crescendo. La jeune fille se sentit vriller, sa voix prenant de plus en plus d’ampleur, sa rage s'étendant encore en elle et elle vit qu'il fut ravie de la voir s'énerver, ce qui ne la calma absolument pas. Elle se découvrit un caractère cruel et elle le fusilla du regard, totalement perdue. Et si elle tournait les talons, pour l'oublier, l'ignorer ? Sourirait-il encore comme ça ? Il dit alors, comme en écho à ses paroles, qu'il lui ficherait la paix. Elle l'espéra. Elle savait qu'elle allait devoir repasser le lendemain, sur ce même trottoir, croiser ce même regard rieur et elle prit le temps de se demander si il ne serait pas mieux pour elle de s'en aller, de changer de rue comme il le lui conseillait si gentiment. Non, elle resterait, elle s'était faites une place ici et y resterait. Sa question la surpris et elle haussa un sourcil «T'en as mis du temps à te rendre compte que je ne suis pas du tout saine d'esprit. » Elle l'observa se calmer, reprendre un ton plus respectueux peut-être et elle sentit son corps se détendre, à peine. Sans s'en empêcher, elle détailler son visage de ses grands yeux bleus, l'écoutant comme si il si il était quelqu'un qu'elle avait envie de connaître. La jeune fille fut surprise qu'il réplique qu'il avait sûrement autant d'mis qu'elle. Elle s'étonna mais ne demanda rien, ça ne la regardait pas et elle ne voulait rien savoir . Questionner c'était  s'incruster dans la vie de quelqu'un, se faire une place, bonne ou mauvaise, dans l'esprit d'autrui. Et elle n'en avait aucune envie.

Elle se repositionna contre le mur, alluma sa clope et attendit. Quoi ? Qu'il parte, qu'il reprenne la parole, qu’une action qui la délivrait de son malaise éclate soudainement. Il était clair que ce soir, elle rentrerait en ayant quelqu'un en tête et ça la rendit affreusement mal. Mordillant sa lèvre, un geste trop répétitif signe de sa nervosité, elle lui posa tout de même quelques questions, le poussant quelques peu à s'en aller, lui demandant à demi-mots si il n'avait pas mieux à faire que de supporter sa faible présence. La brune leva les yeux au ciel en l'entendant parler de plan cul « Charmant. Tu devrais aller le rejoindre ton plan cul, j'suis sûre qu'elle n'attend que ça. » Et en quoi ça la regardait, bon sang ? Secouant la tête, elle finit sa clope à une vitesse bien trop rapide  Il continua de parler et elle se figea en l'entendant parler de ses parents. Il était étrange qu'elle ressente soudainement de la compassion pour lui, une sorte de sentiments partagés qu'elle n'arriva pas à refréner. Elle non plus, elle n'avait plus de contacts avec ses parents, parents qui l'avaient lâchement abandonnés à son sort, comme sa mère l'avait fait avant eux. Définitivement pas faites pour être aimé, qu'elle se dit en redevenant amère. Ses yeux se posèrent à nouveau sur lui et elle reprit de sa voix calme, posée, douce mais un brin trop cassée « T'en as de la chance. La liberté c'est comme un fantasme ultime pour moi, l'orgasme que je recherche depuis trop longtemps, si tu veux avoir une belle image de ce que c'est pour moi. » Elle eut une expression plus triste encore alors qu'elle poursuivait « Je me demande si je ne suis pas condamnée à avoir une chaîne autour de la cheville et à traîner mon boulet comme je le peux. J'aimerais la scier en deux cette chaîne, la détruire pour moi aussi connaître ce que c'est de pouvoir faire ce qu'on veut. » Elle s'était définitivement perdue. Se livrer à quelqu'un comme ça, qu'elle ne connaissait pas, dont le nom même lui était inconnu. Elle avait certainement perdue les pédales et elle referma la bouche, n'ayant aucune envie de se justifier, pour une fois. Il était bien normal que tous les mots qu'elle retenait depuis des années ressortent. Elle ne le recroiserait peut-être jamais, il ne serait peut-être qu'un lointain souvenir dans quelques temps alors qu'il en sache plus sur elle ou non, ça ne devait avoir aucune importance. Il affirma qu'il ne partirait pas et elle haussa simplement les épaules, lassée d'avoir été manipulée aussi facilement, de s'être livrée comme si il était un confident précieux, une âme qui la comprendrait. Il n'était rien de tout ça et elle ouvrait encore la bouche, parlant, parlant trop sûrement. Qu’elle le détestait, là tout de suite

Son ventre gronda et il l'entendit sûrement au vu de sa proposition. Sachant qu'elle n'était plus à une erreur près, elle accepta. Se mettant face à lui, elle leva la tête pour lui dire que ça n'avait rien d'un rendez-vous. Précision inutile car il ne lui avait rien dit, rien de spécial, juste de pauvres sous-entendus qu'il devait sortir à toutes les filles qu'il croisait. Il répliqua comme elle s'y attendait et elle entrouvrit les lèvres, outrée. « J'y crois pas … Tu pourrais au moins faire semblant d'être .. gentil ! » Peu importait, agacée, elle partit d'un côté avant de se retourner, se rendant compte qu'elle ne savait pas du tout où se trouvait ce grec. Chose qu'elle n'avait jamais mangé d'ailleurs, elle n’avait même aucune idée de ce que c'était. Il dit un simple « Suis moi » et elle le fit. Ses pas s'accordèrent au sien assez rapidement et elle surprit les regards de certaines filles qui s'arrêtaient sur lui, jamais sur elle et elle se sentit bête. Qu'est-ce qu'elle fichait là ? Frêle, blessée, silencieuse … Elle n'avait rien d’attrayant et lui, qui se remit à la questionner. Sans lui jeter un coup d’œil, elle continua de fixer un groupe de filles devant eux qui ne cessaient de se retourner en rigolant, pour le regarder, lui avant de grimacer en la voyant. « Oui, je suis du coin. Et tu n'as pas à te justifier. Au point où on en est, tu as déjà violé ma vie personnelle. Vu qu'elle ne représentait pas grand chose. » Un silence puis « Et toi ? T'es du coin ? » Elle ne put s'empêcher de fusiller l'une des filles du devant qui semblait la scruter, analysant peut-être si elle était sa copine. Elle esquissa un sourire moqueur puis retourna à sa conversation avec son amie. Quelle plaie. Ils finirent par entrer dans un endroit qui lui sembla … miteux mais où une odeur de … viande, peut-être lui agressa le nez. Son ventre se remit à crier famine et elle grimaça. Le dealer alla saluer un homme et elle vit leur regard s'arrêter sur elle. Ses joues remirent  s'échauffer et elle baissa la tête, espérant que ses cheveux seraient assez épais pour dissimuler sa gêne. Sa voix lui fit relever les yeux et elle le suivit jusqu'à une table où elle s'assit tranquillement. Elle croisa puis décroisa ses jambes sous la table, ne sachant comment se comporter dans un endroit pareil. Il reposa sa question mais elle n'y répondit préférant demander « C'est quoi ton nom ? Pas que j'ai envie de … te connaître mais … je … Enfin bref, moi c'est Leo et tu sauras pas grand chose de plus. » assura la jeune fille rapidement avant de se cacher derrière sa carte. Elle murmura pour lui répondre, enfin « Je … J'sais pas, j'ai jamais été dans ce genre d'endroits. C'est pas … enfin, ma famille ne m'emmène jamais manger dehors alors … Tu n'as qu'à choisir pour moi. » Son regard s'égara sur sa montre, sur lui, sur son sourire, ses yeux d'un marron trop chaud et elle détourna la tête sur le reste de la pièce, regardant ce qu'elle supposa être le cuisinier préparer un … tacos ? Non, ce n'était définitivement pas ça. Elle se prit en pleine face son ignorance sur le monde alors qu'elle avait tout de même 20 ans. 20 ans cachée dans un cocon doré, dans une jeunesse brisée. Préférant se reporter sur lui, Leo cessa de s'amuser avec la carte qu'elle avait entre les mains et dit « Je suis … J'suis pas très forte pour discuter … Alors hum … Je vas faire un effort. » Elle se mit à réfléchir avant de reprendre « Tu deales quoi ? » Elle jeta un coup d’œil autour d'elle, espérant que personne n'entendrait, sachant parfaitement que le deal restait une chose punie par la loi.
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Au fur et à mesure que la conversation avançait, la jeune femme donnait une impression étrange qui semblait renvoyer à Yulian le fait qu’il était en train de violer impunément sa vie privée. Pourtant, il ne faisait rien de mal, au contraire, il essayait de la faire parler, puisqu’il semblait qu’elle ne le faisait jamais. Et plus les minutes avançaient et plus cette fille devenait intéressante aux yeux du jeune homme. Ce n’était pas tant simplement pour le physique, ou simplement pour son psychique, mais c’était un tout qui faisait d’elle la personne la plus énigmatique qu’il n’avait jamais rencontré. Elle avait cet air impérieux caché par une tonne de timidité, reliée à la peur d’autrui et le jeune russe adorait jouer avec ce genre de personnalité complètement tordue. A ce moment-là, il voulait simplement qu’elle sorte de sa routine, pire que ça, qu’elle sorte de son monde qui semblait la torturer plus que n’importe quoi sur terre. C’était le genre de fille introvertie, qui n’aimait pas les relations sociales, et bien c’était tant mieux parce que le jeune homme adorait cela pour sa part et il comptait bien la mener jusqu’au bout de son idée : Quelle se livre pour enfin découvrir qui elle était réellement.

Lorsque tous les deux eurent l’idée de parler de relation sexuelle et qu’elle avait annoncé qu’elle était mineure, le jeune homme s’était empressé d’avouer qu’il adorait cela et la réponse de la brune ne se fit pas attendre puisqu’elle lui avoua qu’elle était asexuelle. Le regard de Yulian se figea complètement dans ses yeux turquoises et il se mit à rire, un rire franc, audible et complètement moqueur. « Asexuelle ? C’est bien la première fois que j’entends ça. » Il s’arrêta de rire quelques secondes pour laisser glisser sur ses lèvres un seul sourire presque attendri. « Tu dis ça parce que personne ne t’as jamais fait l’amour avec passion. » Son regard caressait celui de la jeune femme, il semblait presque de plus en plus sérieux et il pensait ce qu’il disait, il savait que les femmes étaient ce genre de perles qui étaient loin d’être faciles, il savait qu’elles étaient dures à contenter et cette jeune femme devait certainement être de celles qui ne se laissaient aller que pour un soir, et encore, avec une alcoolémie supérieure à un gramme tant sa timidité était présente. Il la cernait de plus en plus et davantage encore lorsqu’elle prenait la parole. Lorsque c’était le cas, il l’écoutait avec attention et envie, parce qu’il savait que cette fille allait devenir quelqu’un d’important pour lui, non pas qu’ils allaient devenir les meilleurs amis du monde, il en doutait même, mais il savait qu’elle hanterait ses pensées plus que n’importe quelle autre fille qu’il avait déjà rencontré. Il ne l’expliquait pas, c’était naturel, presque même instinctuel, ils se parlaient, se descendaient mais ce n’était pas méchant, loin de là. Yulian n’avait aucune envie de la ridiculiser, il voulait simplement la taquiner, peut-être même juste l’intimider.

Leur relation commençait à s’étoffer de plus en plus et bien qu’ils ne se connaissaient que depuis une trentaine de minutes, ils étaient déjà là, comme chien et chat, à se moquer l’un de l’autre et à se lancer des pics. Le ton était monté mais Yulian, ne voulant pas perdre l’opportunité de connaître réellement cette filles avait dû baisser le ton et s’était calmé pour ne pas l’effrayer. Même s’il était toujours du genre à sortir de ses gonds, le jeune homme avait tout de même la capacité de se canaliser et de faire redescendre la pression qui s’exerçait dans sa poitrine. Puis avec elle, il ne pouvait pas en faire autrement, son visage le calmait dès qu’il s’attardait sur ses traits un peu trop parfaits. Finalement, il avait émis l’idée comme quoi elle n’était pas du tout normale et qu’elle était même un peu tarée sur les bords. Il observa son visage, elle haussa un sourcil, ce qui le fit sourire et il attendit patiemment sa réponse qui ne tarda pas puisqu’elle lui répondit qu’il avait mis du temps à se rendre compte qu’elle n’avait rien de normal. Il leva les épaules et les yeux au ciel et réfléchit un instant. « Ouais mais quelque chose me dit que c’est juste une façade. » Il se mit à la fixer, sans d’autre expression sur le visage et soupira inaudiblement. « J’ai tort ? » Lui demanda-t-il par précaution. Il avait cette impression que la jeune femme se donnait un genre, qu’elle n’était pas du tout elle-même et il était convaincu que ce n’était pas qu’à cause de sa présence à lui. Il était intimement persuadé que quelque chose avait fait que cette fille détenait sur son visage l’air torturé, l’air qui faisait qu’elle donnait l’impression d’être triste, constamment.

Petit à petit, il la déshabillait, pas du corps, mais de l’esprit. Chaque phrase, chaque mot qui sortaient d’entre ses lèvres faisaient qu’il l’analysait toujours un peu plus, découvrant sans cesse ce qu’elle était réellement, à l’intérieur, au fond. Comme s’il pouvait gratter la surface de son corps pour y apercevoir l’entièreté de son âme meurtrie. Et petit à petit il la prenait en compassion, toujours un peu plus, toujours un peu plus intensément. C’était inexplicable, inavouable et presque même trop étrange pour poser des mots là-dessus. Yulian aimait les filles pour leur corps, leur façon de faire avec lui parce qu’il savait qu’il était beau et séduisant mais cette fois, c’était différent, il l’appréciait parce que justement elle n’avait pas ce regard sur lui, parce que pour une fois, il pouvait se montrer naturel avec elle et qu’elle ne le voyait pas simplement comme une cible. Elle lui donnait l’impression de pouvoir faire ce qu’il voulait d’elle sans pour autant en dévoiler trop et c’est ce qu’il le bloquait dans sa volonté de la contrôler.

Il évoqua son plan cul et évidemment, elle prit cet air dégoûté qui l’amusa immédiatement. Elle aussi devenait de plus en plus naturelle avec lui et cela le faisait jubiler, toujours un peu plus. « J’ai mieux à faire qu’aller palper ma paire de fesses préférée. » Il sourit, amusé par ses propres mots, comme un gamin, comme un enfant se croyant drôle et il prit ce visage adorable qui n’arborait que de temps en temps, il comptait la faire rire mais il voyait que c’était presque peine perdue, en tout cas pour le moment. Il se fixa un nouvel objectif avec cette fille, il voulait l’entendre rire, jubiler, comme lui. Peut-être même lui apporter ce qu’elle n’avait jamais, la joie et la bonne humeur. Il n’était pas certain du temps que cela faisait qu’elle n’avait pas ri mais il lisait sur son visage trop fermé, trop crispé qu’elle n’avait pas l’habitude de le faire et il s’était juré qu’il y arriverait.

Le brun parla de ses parents, pour la première fois depuis un certain temps, trop long pour s’en rappeler. Il s’était ouvert à elle, en quelque sorte. Parce qu’il ne parlait jamais d’eux, il ne les évoquait jamais et encore moins la relation qu’il entretenait avec eux. Il détestait ça parce que lorsqu’il pensait à son père, il avait toujours cette envie qui lui prenait aux tripes, l’envie de meurtre et peut-être même l’envie d’aller directement l’étrangler. Puis, lorsqu’il pensait à sa mère, son ange un peu trop perdu, il avait la boule au ventre, l’envie presque de pleurer. Elle était devenue une colombe enfermée dans une cage d’or, un oiseau perdu cherchant sa liberté égarée. Chaque fois que le jeune homme recevait une lettre d’elle, il se mettait à pleurer, se vouant une haine incommensurable, se demandant pourquoi il n’avait rien fait, pourquoi il avait fui comme il l’avait fait quelques années auparavant. Il se trouvait lâche et complètement idiot. Il était infiniment triste, torturé par tout ce qu’il avait vu, tout ce qu’il avait entendu. Les cris, les pleurs, les coups. Pour se rassurer il se disait qu’elle l’avait défendu, qu’elle avait défendu son bourreau et que c’était une raison valable pour la laisser, elle et son martyr. Alors, lorsqu’il avait parlé d’eux, il déglutit, difficilement parce qu’il était toujours compliqué de parler de cela. Il se perdit dans ses pensées un peu trop lointaines et lorsqu’elle ouvrit la bouche, il se remit à se concentrer sur elle et ses mots. L’écoutant toujours plus attentivement que la fois précédente, l’écoutant avec envie et délectation. Le coup fut rude à encaisser, elle se livra à son tour à lui et il se mit à espérer que ses mots étaient bien trop amplifiés par sa pensée mais il n’en avait l’air de rien lorsqu’il analysa son visage. Il ne cilla même pas lorsqu’elle évoqua un orgasme, il était on ne peut plus sérieux, les sourcils froncés, il se mit à espérer qu’elle n’était pas aussi torturée que lui mais déchanta bien vite lorsqu’elle décrypta sa façon de vivre. Il déglutit une nouvelle fois, prenant son air le plus sérieux possible. « J’ai vingt-six ans, tu dois en avoir à peine vingt-deux, à ton âge j’étais comme toi et je dis pas ça comme si je savais ce que tu vivais. Je dis juste que moi aussi j’étais rattaché à quelque chose qui faisait que je pouvais pas m’en défaire. Puis un jour j’ai décidé que tout allait s’arrêter, pour mon bien parce que ouais, j’ai été égoïste mais je l’ai fait pour pouvoir vivre. Bon, certes, j’ai pas la vie normale que j’aurais voulu avoir mais au moins je vis pour moi. Alors, c’est juste une question de volonté, au fond. Même si tu dois dormir dans la rue, même si c’est la seule condition pour que tu sois libre, alors fais-le. » Il laissa un temps de pause tout en prenant une grande inspiration, regardant au loin. « Avant d’avoir un appartement et une vie à peu près décente, j’étais dans la rue, à être hébergé à droite et à gauche, c’était pas facile mais au moins j’étais libre. » Il se tut, réfléchissant un instant sur ce qu’il avait fait et tout ce qu’il avait laissé derrière lui, regrettant presque de l’avoir voulue, cette liberté. Il ne lui proposa pas son aide immédiatement, il avait peur qu’elle se braque, qu’elle refuse sur un coup de tête mais l’idée se calla dans son esprit et ressortirait dès que le besoin se ferait. Un long silence se fit entendre, le jeune homme se fit plus discret que jamais et il ne voulait absolument pas gâcher tout ce qu’il avait entreprit avec quelques phrases malheureuses. Il voulait la laisser réfléchir avec ce qu’il lui avait dit, la laisser s’imprégner de l’idée qu’il lui avait donné, certes, peut-être pas la meilleure mais pas la pire non plus.

Le grec s’imposa, comme une évidence, comme s’il allait pouvoir rassasier la jeune fille juste en évoquant son existence. Il se mit à sourire lorsqu’elle lui dit qu’il pouvait être un peu plus gentil, elle était mignonne à ce moment-là, elle ne le savait surement pas, mais elle l’était. Alors, attendri, presque même charmé, il se mit à étouffer un petit rire juste avant de lui répondre : « C’est vrai t’as raison, ça se fait pas. Si t’y tiens tant, je te payerais ton grec. » Répondit-il, de manière naturelle, un petit sourire en coin. Ils se mirent en chemin et lorsqu’ils marchaient côte à côte, un groupe de filles, jeunes et certainement insouciantes, se retournait sans cesse vers eux. Yulian savait qu’elles parlaient certainement de lui mais n’était en aucun cas flatté, presque même juste, excédé. Il ne dit rien, les laissant faire et leur jetant des regards presque détestables, quelques fois. « Ouais. » Répondit-il à la jeune femme lorsqu’elle lui demanda à son tour s’il était du coin. Elle avait évoqué le fait que sa vie personnelle ne représentait pas grand-chose et il se mit à réfléchir encore un peu plus à ce qu’elle venait de sortir. « J’ai pas violé ta vie personnelle, c’est toi qui m’en a parlé, je t’ai pas mis de couteau sous la gorge je te signale. » Ajouta-t-il tout en détournant le visage vers elle, sérieux, dénué de tout amusement.

Ils entrèrent dans le snack, l’odeur de l’huile de friture se logeait petit à petit dans les narines du jeune homme et c’est à ce moment-même que son corps réclama sa nourriture quotidienne. Ils s’installèrent et Yulian commença à détailler la carte avec les menus disponibles. Il lui demanda ce qu’elle préférait mais ne répondit pas à sa question, lui demandant quel était son prénom, ajoutant qu’elle, elle s’appelait Leo. Il releva le nez vers elle et, interrogateur lui dit : « Leo ? C’est un prénom de mec ça. » Il étouffa encore un petit rire tout en la taquinant et se mit à sourire doucement, omettant volontairement de lui dire son prénom. « Je prends un burger à la grecque, y’a plein de légumes dedans. » Il fut surpris par sa révélation : Sa famille ne l’emmenait jamais dans ce genre d’endroit, et pourtant, elle semblait assez vieille pour venir dans ce genre d’endroit sans sa famille, juste entre amis. « En fait quand tu me disais que t’étais mineure, c’est vrai ? T’as seize ans ou quoi ? » Lui demanda-t-il, presque étonné. Un serveur vint leur demander leur commande et Yulian parla, commandant exactement la même chose pour eux deux puis se remit à fixer Leo. « Yulian. » Lâcha-t-il, comme un cheveu sur la soupe, comme une révélation trop dure à sortir. « Si t’as rien à dire, alors dis rien, t’inquiète. » Puis elle vint lui demander ce qu’il dealait, comme pour commencer une nouvelle conversation. « Tout. Tout ce qui se fume, s’inhale, s’injecte, s’avale… » Il ne désignait pas directement les noms, ne voulant pas attirer l’attention de quelconque qui aurait entendu leur conversation. Ils n’étaient pas seul dans cet endroit et même s’il connaissait pas mal de monde, il devait rester discret. « Puisque j’ai violé ton intimité, je peux continuer ? » Lui demanda-t-il, un petit sourire aux lèvres. « Pourquoi tu deales ? » Les yeux encrés dans les siens, il voulait la déshabiller encore un peu plus, se doutant bien qu’elle ne lui répondrait pas facilement, il n’attendait rien de cette conversation, si elle voulait se confier, qu’elle le fasse, si elle ne voulait pas, qu’elle ne le fasse pas.

Le serveur apporta leur commande, la fumée des burgers chauds leur prenant au nez. C’était appétissant et Yulian commença par prendre son verre de soda et boire doucement à la paille. « Bon ap’ » Dit-il avant de prendre son repas à pleine main et l’apporter à sa bouche pour y croquer un bout. Il n’avait rien de délicat, il faisait tout naturellement et n’avait aucune manière. Après tout, c’était ainsi qu’il vivait et qu’il se définissait de « bon vivant. »




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My heart is as black as night
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- Yulian & Leo-
You don't know what's in store. But you know what you're here for. Close your eyes. Hold tight for this ride. We don't need no protection. Come alone. We don't need attention.
Lay yourself beside me

Et ses joues qui rougissaient encore lorsqu'il s'étonna de son asexualité et poursuivit de cette phrase où brûlait toute l'envie du monde. L'envie de quoi, au juste ? Son corps qui se met à trembler, se questionne, des questions qu'elle s'est toujours posée. Peut-être n’a-elle, en fait, jamais connu le bon ? La personne qui ferait d'elle une vraie accro à la fusion de deux corps enflammés. Mais l'image l'effraie et elle relève ses yeux emplis de doute vers lui, lui qui semble la voir comme une chose fascinante, un être qui mérite son attention, toute son attention alors Leo sembla se rappeler que ça ne la regardait pas, qu'il n'avait pas à savoir ce que son corps aimait ou pas, ce qu'il pourrait lui faire ou non. Car il lui semblait évident qu'il ne lui ferait jamais rien. C’était inconcevable pour elle, une sorte de réalité qui l'attrista étrangement. Elle voulait être ignorée, elle le voulait vraiment mais que se passerait-il si elle en venait à devenir cette fille qu'elle refoulait au fond d'elle-même ? Celle qui rêvait d'une liberté lointaine, de crier à s'en défoncer la gorge, de boire et s'oublier dans des bras rassurants, qui la façonneraient avec amour. Le mot  fit tilt dans son esprit et elle s e crispa. Se rappelant soudainement les gémissements écœurants de sa sœur qu’elle avait découvert à califourchon sur celui qui aurait dû être l'homme de sa vie, celui qu'elle avait réelle aimé. La brisure de son âme était encore trop douloureuse alors elle s'agita un peu et répliqua un « Peut-être. » Oui, peut-être qu'on ne lui avait jamais fait l'amour avec passion mais elle n'en voulait plus à présent, de cette passion, de cette amour qui faisait briller les yeux de tous ces gens. Elle voulait n'être qu'un électron libre qui ne s'attacherait jamais. Triturant d'un geste nerveux les pointes de ses cheveux noirs, elle laissa la conversation s'étendre.

Le débat se fit houleux, tendu et elle fut presque prête à en venir aux mains. Sa lâcheté devenait de plus en plus handicapante. Pourquoi ne pouvait-elle jamais faire face à une relation normale ? Une simple discussion qui n'engageait à rien. Mais ça aurait un impact. Ça aurait forcément un impact si gros sur elle qu'elle y penserait pendant des semaines, elle penserait à ce mec sans nom qui lui avait parlé comme si elle était intéressante, qui lui aurait lancer des pics sans la ménager, qui l'aurait trouvé étrange, pourtant sans jugement. Elle cilla lorsqu'il lui dit que ce n'était qu'une façade. Vraiment ? Avait-il tort ? Elle n'en savait foutrement rien. Et elle ne voulait pas le savoir. Leo perdit peu à peu ses moyens, ne sachant ce qu'elle pouvait répondre ça. Sa gêne s’accrut et elle lui lança un regard chargé de remontrance « Je ne sais pas. Je ne me suis jamais posée la question. Je suis considérée comme étrange alors … C'est que je dois l'être, non ? » Elle haussa les épaules tout en finissant sa phrase puis baissa encore les yeux alors qu'il poursuivait. Les questions s'enchaînaient et la conversation devint tellement personnelle que Leo aurait voulu mourir. Se livrer ainsi n'était pas du tout bon pour elle. Et puis elle se rappela qu'elle ne ferait que le recroiser, brièvement. Que son esprit torturé la forcerait à l'oublier, totalement, de ses yeux d'une couleur trop profonde jusqu'à ses lèvres qui s’ourlaient en un sourire charmeur. Elle l'oublierait et fil ferait sûrement de même.  Posée contre le mur, elle laissa la fumée opaque s'échapper de ses lèvres et sa voix l'envoya de nouveau boulet. Qu'il aille voir ce plan cul qui devait être beaucoup plus bavarde qu'elle, beaucoup plus pulpeuse sûrement, beaucoup plus tout qu'elle ne le serait jamais. Il répliqua et elle lui jeta un regard neutre, qui brillait pourtant de curiosités. Elle se posa alors une question étrange : Comment était cette fille ? Belle, assurément. Et elle se l'imagina passionnée, souriante, pleine de vie, mince sans être maigre et elle sentit un sentiment déplaisant s'emparer d'elle. «Elle ne répondit rien, ne sentant presque étranglé par cette nouvelle facette d'elle qui se décortiquait peu à peu devant lui. S'étiolait comme le fil du bobine de laine.

Il se mit à parler de ses parents et elle sentit son cœur se mettre à battre un peu plus vite. Comme si ils entraient dans une nouvelle phase de leur maigre relation. Elle se surprit à l'écouter, attentivement puis elle lui répliqua tout aussi spontanément qu'elle la voulait sa liberté. Qu'elle l'enviait, lui et sa putain de liberté. Et elle l'emmerdait aussi. Parce qu'elle était jalouse, jalouse de la liberté qui émanait de toutes les personnes qu'elle rencontrait quand elle n'avait même pas le droit d'avoir un portable, de sortir comme elle le voulait, elle qui chaque soir pleurait sous les coups de cette garce tyrannique. Elle la haïssait et elle sentit cette colère l'envahir tellement vite qu’elle arrêta de respirer puis elle retomba lorsqu'il lui répondit et au fil de son discours elle le regarda, absorbée par ce qu'il disait, par le timbre de sa voix qui faisait chavirer un truc en elle, qui l'aurait fait hurler de frustration si elle en avait eu la force. Ça avait l'air tellement facile,tellement simple d'être égoïste et de dire stop. « JE peux pas ... » qu'elle murmura alors. Elle secoua la tête « Je peux pas faire ça. J'en serais jamais capable. J'ai pourtant pas quoi que ce soit qui me rattache à chez moi, j'ai d'aillerus pas l'impression d'avoir de chez moi. Je suis rien qu'un … boulet qu'ils se traînent tous. Mais je ne peux pas partir. Pas maintenant. » Et tout en s'imaginant libre de rire, de vivre, de courir, de crier, d'envie, de plaisir, de frustration, de rire, elle se tut.

Le ton changea et devint presque léger lorsqu'il l'invita brusquement à manger un truc. Il lui restait tout le temps qu'elle voulait car sa tante la pensait chez Arjan, à présent. Et elle se laissa tenter. Après un cri o elle lui reprocha de ne pas être gentil , il lui répondit d'un ton amusé qui commençait à l'agacer mais plus vraiment à la dérangeait qu'il lui payerait le grec. « Quoi ? Mais non, je …»  Il ne l'écouta même pas en commençant à partir. Avec un soupir, elle le suivit et tenta de lui répondre avec toute la franchise dont elle était capable, fusillant du regard cette fille qui semblait outrée de la voir près d'un mec comme lui. Quoi ? Elle n'avait pas le droit d'avoir un simulacre de vie social ? Rien qu'un soir ? Tout en lui retournant sa question, elle le fusilla du regard lorsqu'il lui dit qu'il ne l'avait pas menacé pour qu'elle se mette à parler de sa vie personnelle et ce détail l'agaça car il avait raison. Alors elle préféra se taire, encore.

Arrivée dans ce fameux grec elle se fit plus petite encore, retombant dans son silence. S'asseyant à une table, elle lui posa une question d'elle-même. Miracle. Donnant son prénom en première elle ne s'étonna pas de sa remarque et haussa les épaules « C'est … pas dérangeant que ce soit un prénom de mec. C'est bien le seul truc d’original chez moi » qu'elle répondit en se cachant derrière sa carte. Elle lui it de lui prendre la même chose qu'il choisirait et elle hocha simplement la tête lorsqu'il lui dit le nom de son plat. Elle ne savait même pas à quoi ça ressemblait. Puis la question sur son âge revint et elle se surprit à éclater de rire. Littéralement. D'un seul coup avant de se taire brusquement, voyant qu'elle s'était attirés les regards des autres. S'éclaircissant la gorge, elle laissa pourtant un sourire amusé étirer ses lèvres « Tu m'as vraiment cru ? J'ai 20 ans, je suis loin d'être mineure. Pourquoi cette question ? » Son calme retrouvé, elle entendit son prénom et s'étonna de le trouver beau. Ca n'avait rien d'exceptionnel mais elle demanda alors « Tu es … russe ? » Puis elle précisa qu'elle n'avait aucune conversation mais qu’elle ferait un effort. Elle demanda alors la première chose qui lui vint à l'esprit : son trafic. Elle hocha brièvement la tête avant qu'il ne lui retourne une question. Question qui la gêna et la fit se rétracter. S'appuyant contre le dossier de sa chaise, elle entrouvrit ses lèvres et lui dit enfin « Je … J'ai besoin d'argent. J'ai besoin d'argent parce que je crois que je ne suis pas à ma place ici et que je ne l'ai jamais été.» voilà tout ce qu'il aurait. Elle ne pouvait lui en donner plus. Lui dire qu’elle était une enfant battue, lui dire qu'elle était une enfant adoptée par une famille modeste mais quelle avait pourtant était reléguée chez ce qui devait être sa tante et son oncle. Son oncle qui avait une violente passion pour elle et sa tante qui était tout aussi passionnée par elle mais mordue par la haine. Leur commande arriva et brisa le malaise qui l'avait envahit. Elle écarquilla légèrement les yeux en voyant ce qu’elle avait devant elle.

Le remerciant du bout des lèvres lorsqu'il lui dit bon app, elle piocha d'abord plusieurs légumes avec ses doigts puis décida de ne pas se la jouer princesse prenant le sandwich entre ses doigts frêles. Une bouchée plus tard et elle sentit son corps se réjouir d'être rempli. Reposant le burger, elle croisa puis recroisa ses jambes sous la table « J'ai jamais mangé un truc pareil mais … Je savoure, ce sera sûrement la première et dernière fois que je viendrais ici. » Repoussant les cheveux qui s'étalaient sur sa joue, elle releva les yeux vers lui « Et toi … Pourquoi tu deales ? »
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Leo & Yulian
Had to lose my way to know which road to take. Trouble finds me. All I look forward washed away by a wave ▬ Imagine Dragons

Le visage de Leo était comme la douceur que Yulian n’avait jamais connue. Elle avait ces traits, fins, délicats, doucereux qui donnaient envie de le caresser, de le cajoler et presque même, de s’y unir. Les yeux du jeune homme ne cessaient de glisser entre ses yeux d’un bleu miraculeux, à ses lèvres d’un rose poudré exquis. Parfois, il s’étonnait d’avoir cette envie qu’il ne pouvait pas satisfaire, celle de s’approcher de l’embrasser, ainsi, juste comme ça, juste pour voir. Il savait pertinemment qu’il l’apprécierait, qu’il l’envierait et que jamais il ne pourrait assouvir ce désir puissant. La situation dans laquelle il se trouvait était délicate. Nonobstant la précarité de leur relation, Yulian ressentait déjà quelque chose de particulier, de fort et presque même d’inégal à tout ce qu’il avait déjà connu auparavant. Ce que la jeune femme dégageait était puissant et avait une attraction énigmatique sur le garçon qui avait bien du mal à cerner toutes ces émotions et tous ces sentiments qui se dégageaient de leur relation naissante.

Il l’observa, encore et fut ravi de voir qu’elle rougit, une nouvelle fois. Les paroles avaient été presque naturelles, sans arrière-pensée. Elle n’avait certainement jamais connu la passion et la brune répliqua seulement un « peut-être » qui se voulait plein de sens. Pourtant, le jeune homme en était certain, chaque femme se devait de connaître ce qu’était le véritable désir assouvi, le summum unique de l’orgasme et le paroxysme du bien être sexuel. Elle était jeune, n’avait certainement jamais eu de relation sereine et avait dû avoir un passé douloureux, tout cela se lisait dans ses yeux ainsi que dans ses façons d’agir. C’était particulier, tellement particulier que Yulian avait parfois du mal à savoir ce qu’elle pensait réellement. Puis vint le moment de parler du fait qu’elle portait cette façade qui faisait d’elle certainement la fille la plus étrange qu’il n’avait jamais rencontrée. Elle lui avoua qu’elle était considéré comme telle et Yulian se mit à sourire, doucement, petitement, presque invisiblement. Il comprenait ce que cela faisait d’être vu par les autres comme quelque chose de bizarre, alors, il savait qu’il allait s’incruster dans quelque chose qui ressemblait à une pente vertigineuse. « Tu devrais être contente qu’on te considère comme quelqu’un d’étrange. C’est vrai, être aussi commune que toutes les autres filles, y’a pas d’intérêt. » Ensuite, il se mit à réfléchir, observant les feuilles d’un arbre bouger au gré du vent, au loin. « Tu t’es déjà demandée pourquoi on te considérait comme quelqu’un d’étrange ? » Lui demanda-t-il, déviant son visage vers le sien pour l’observer, encore, toujours un peu plus, analysant chaque grain de peau de ses traits, chaque parcelle d’épiderme, s’attardant presque sur chacun de ses petits grains de beauté. « T’es étrange, c’est vrai, mais pas dans le sens péjoratif du terme. T’es particulière, plus unique qu’autre chose. » Dit-il tout en reprenant quelque peu son souffle puis continua : « Les gens te trouveront toujours étrange si tu continues à porter ce style des années 2000, et ils te trouveront encore plus étrange si tu t’inscris pas dans leurs codes à eux. Alors ouais, pour eux t’es étrange, pour moi t’es juste unique en ton genre. » Bam. Yulian contre l’humanité toute entière, Yulian avec ses façons de pensée, parfois à la mords-moi-le-nœud. Ça ne pouvait que la faire réfléchir et de toute façon, il la trouvait belle quand elle réfléchissait, alors c’était tout à son honneur, tout à son plaisir.

La fumée qui s’échappait de ses lèvres avait tendance à contenter Yulian, elle rendait Leo encore plus particulière. Fumer lui allait bien, ce n’était pas qu’elle ressemblait à une junkie, loin de là, mais ça lui donnait ce style encore plus particulier qui plaisait au russe. Côte à côte, ils continuaient de parler, de s’avouer et le jeune homme savourait chaque parole, chaque phrase qui émanait de la bouche savoureuse de cette fille. Il se pendait toujours un peu plus à ses lèvres fines et s’étonna presque de ne pas avoir franchi le pas de l’embrasser dores et déjà. Ils en vinrent à parler de cette putain de liberté que Yulian avait eu du mal à se procurer, à s’offrir tant la situation avait été compliqué. Il avait toujours voulu aider sa mère, quoi qu’il en serait advenu de son corps fragile d’enfant paumé. Puis il laissa tomber, lorsque lui et elle s’enfermaient pour régler leur compte. Enfin, pour que son père puisse régler des comptes sur sa mère. Puis, lorsqu’elle ressortait de la chambre, à moitié déshabillée, décoiffée, rouge et en larme, parfois en sang, elle faisait comme si de rien n’était. Elle n’avouait rien, ne voulant pas affoler son fils de six ans. Yulian ne comprenait pas, c’était trop étrange pour pouvoir être compris par une âme d’enfant. Sa mère était une soumise, peut-être qu’ils jouaient simplement à des jeux sado-maso, se disait-il parfois mais lorsqu’elle criait, il n’y avait pas cet once de plaisir que Yulian avait connu avec d’autres femmes, c’était différent, les cris de douleurs si singuliers qui s’échappaient de sa bouche lui avait donné envie de tout casser et c’est ce qu’il fit, il rompit ce qu’il semblait être un semblant de relation qu’il détenait avec ses parents, s’enfuyant lâchement, abandonnant sa mère à ses propres démons. Il s’en voulait, parfois, lorsqu’il se rappelait de l’importance qu’avait sa mère pour lui, alors que par moment, il lui vouait une haine sans nom pour avoir laissé son fils avec tant d’interrogation et tant de bruits sourds et alarmants dans son esprit. Il se perdit dans ses pensées, se remémorant toutes les pires scènes dont il avait été spectateur. Puis, sa voix à elle le fit redescendre sur terre, son intonation de petite fille, ses cordes vocales tournaient ce qui sortait de sa bouche en douceurs invisibles. « Pourquoi tu pourrais pas partir ? Si t’as rien qui te rattache, ça devrait être d’autant plus facile… » Pourtant, il la comprenait sacrément, il savait que c’était dur et même s’il n’avait conscience de rien en ce qui concernait sa vie, il se demandait ce qui pouvait bien l’accabler autant et ce qui pouvait la rattacher à ce point à chez elle. « Enfin, j’en sais rien, je suis pas dans ta vie, je peux pas savoir. » Ajouta-t-il, l’air neutre, sans vraiment se rendre compte qu’il pouvait prendre un ton si nonchalant, parfois.

Ils se rendirent rapidement à leur lieu de restauration et lorsqu’ils furent assis l’un en face de l’autre, ils n’avaient aucun autre choix que de démarrer une conversation, ensemble. Elle lui avoua enfin son prénom, Leo, il avait lâché que c’était un prénom de mec, il en rit intérieurement, ne voulant pas se montrer moqueur extérieurement. « Arrête de dire que t’as rien d’original. » Il soupira, agacé par elle, par le fait qu’elle n’arrêtait pas de se descendre, de se sous-estimer. Elle paraissait juste plus naturelle que quiconque et c’est ce qui faisait qu’elle était originale, elle avait sa propre personnalité, rien de plus et rien de moins. Et si cela ne plaisait pas aux autres personnes, cela plaisait au jeune homme, et pour lui, c’est tout ce qui comptait. Puis, il revint sur son âge, la croyant mineure et là, sans s’y attendre, et sans un signe annonciateur, elle se mit à sourire puis, à rire. Pour la première fois depuis qu’ils s’étaient rencontrés. Yulian l’observa, les lèvres entrouvertes, presque choqué de la scène. Il se mit à la contempler, du plus qu’il pouvait, savourant le moment et la légèreté de ce qu’elle dégageait. Pour la énième fois il s’étonna de la beauté qu’elle détenait et dont elle était inconsciente. Il se mit à sourire et à lâcher un « Putain ». Ses dents s’emparèrent de sa lèvre inférieure un instant et il continua : « Tu devrais sourire plus souvent. Ça te rend encore plus belle. » Il continuait de lui sourire, gentiment cette fois, il était sincère et s’il avait pu lui matérialiser cette sincérité il l’aurait fait pour lui prouver à quelle point elle avait tort de se rendre inintéressante. « T’es encore jeune quoi. » Il se mit à rire de nouveau lorsqu’elle lui demanda s’il était russe, il avait envie de la faire marcher et de la faire rire encore une fois. « Non, marocain. » Il continua de rire alors qu’il lui fit un petit clin d’œil pour l’amuser. « Je suis d’origine russe, ouais. » Finit-il par avouer alors qu’il enchaîna bien vite sur le trafic de la jeune femme, curieux de savoir pourquoi elle dealait. Sans surprise, c’était pour l’argent et Yulian s’était toujours dit que les dealers dealaient pour l’argent. C’était logique, de l’argent facile, peut-être même plus que la prostitution et c’était aussi sa motivation à lui, au final. « Mais bordel, si t’es pas à ta place tu te casses… Avec l’argent que tu gagnes, en un mois ça sera réglé. » Il s’était énervé parce qu’il n’arrivait pas, il n’arrivait pas à croire qu’elle ne souriait jamais à cause de ça, de ce qu’elle cachait, de ce qui l’emprisonnait et de ce qui faisait qu’elle n’était pas à sa place. Il aurait voulu lui apporter la solution à tous ses problèmes, lui dire que tout irait bien et qu’il serait là pour la guider si besoin était. Mais c’était trop tôt, tout cela était trop tôt pour lui et pour elle, c’était logique, il ne se connaissait pas. « Prends-toi en main dès que tu peux. » Finit-il par dire, il détestait ce genre de conversation, il ne connaissait rien d’elle mais était assez intelligent pour comprendre qu’elle était bridée et brisée, par quoi ? Il ne pouvait pas savoir, et au fond, il ne désirait pas le savoir.

Leur plat arrivés, ils se mirent à manger tous les deux, c’était bon et rassasiant, c’était parfait. Rien de romantique en soit, mais le jeune homme était satisfait du fait que Leo ait accepté de l’accompagner, au final. « N’en soit pas si sûre, on reviendra ici dans 10 ans et on se remémorera que c’était l’endroit où on a appris à se connaître. » Dit-il avec une pointe de sarcasme. « Bon, d’ici là, ça sera peut-être devenu un chinois ou un mexicain, mais au moins j’aurais la prétention de dire que je t’aurais fait faire le tour du monde. » Le burger bien vite fini, le jeune homme prit sa boisson et fit glisser le tout avec son soda glacé. « Pour le fric. » Répondit-il naturellement à sa question.

Les minutes étaient passées et ils se levèrent pour quitter l’établissement. Yulian prit la première position et alla directement payer au comptoir. Lorsque Leo fut à sa hauteur, il la regarda avec un sourire franc. Ils sortirent tous les deux du snack et se mirent à marcher, en sens opposé au chemin qu’ils avaient emprunté pour venir. « Rassasiée ? » Lui demanda-t-il tout en plongeant la main dans sa poche, en ressortant un bout de joint déjà entamé qu’il alluma sur le champ. De la fumée s’échappait du rouleau tandis qu’il l’apportait à sa bouche pour en tirer l’extrémité. Il tira une fois, puis deux et se mit à ralentir doucement, réfléchissant à ce qu’il voulait dire à cette jeune femme. « Passe la soirée avec moi. » Lui demanda-t-il, sur un coup de tête. Il avait lâché cela comme s’il avait eu peur de sa réponse, comme s’il avait hésité et qu’il s’était lancé. Comme un enfant qui tentait sa chance, et là, c’est ce qu’il faisait. Il tentait sa chance avec elle mais loin de lui l’idée de l’emmener chez lui pour lui faire maintes et maintes choses dégoûtantes, il voulait simplement qu’elle soit là, qu’ils continuent à parler, qu’il puisse la découvrir, la sentir et créer quelque chose. Il voulait la faire rire et la voir sourire, encore une fois, au moins. C’était son objectif à présent. Il s’était régalé en voyant ses lèvres s’étirer et s’était dit que c’était ça qu’il lui manquait, à elle.



© Gasmask
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My heart is as black as night
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- Yulian & Leo-
You don't know what's in store. But you know what you're here for. Close your eyes. Hold tight for this ride. We don't need no protection. Come alone. We don't need attention.
Lay yourself beside me

Alors que lui semblait s'amuser de sa détresse passagère, elle, n'avait qu'une envie, s'enfuir. C'était idiot, égoïste et ça aurait les mêmes répercussions que son comportement avait déjà pu avoir sur les autres personnes qu'elle avait pu repousser avant lui. Elle se surprit pourtant à répondre, à chaque question qu'il osait lui poser, chaque phrases qui semblaient faites pour la faire réagir. L'amuser, la faire sortir de sa réserve habituelle. Et elle ne sut pas si elle aurait dû aimer ça ou non. Si elle aurait dû l'apprécier ou non. Il n'avait rien fait de méchant, pas pour le moment. Méfiante Leo, toujours méfiante. Les coups d’œils qu'elle lui lançait lorsqu'il ne la regardait pas lui laissait tout le loisir de découvrir un visage qu'elle n'avait jamais aperçu de si près. Les rares fois où elle l'avait vu c'était en face du trottoir où ils étaient présentement. Elle n'avait fait que l'apercevoir, l'observait parfois sourire à ses clients, leur passant de façon discrète ce qu'il avait à vendre et elle avait admirée sa nonchalance, la liberté non prononcée qu'il émanait de lui. Et comme dans un miroir, elle avait remarqué qu'elle, elle représentait l'exact contraire. Qu'elle était cette fille trop frêle qui était entourée de chaînes étouffantes, de tristesse, emprisonnée dans une vie qui ne lui appartenait plus. Une existence pourrie qu'elle avait envie de quitter sans jamais oser le faire. Elle s'était amèrement rendue compte qu'elle était en train de faire une erreur et ce fut à partir de ce moment-là qu'elle le détesta pour une raison qui lui était jusqu'alors totalement inconnue. Malgré cette colère qu'elle enfermait en elle, il lui avait semblait fascinant. De part sa liberté, de part son sourire qui attirait l'attention sur des lèvres qu'elle aurait pu avoir l'audace d'embrasser si elle avait été libre, toujours cette putain de liberté dont elle rêvait depuis trop longtemps.

La conversation dévia, sur elle, encore. Chose qu’elle voulait éviter. Les questions pleuvaient avec plus de douceur que les coups qu'elle prenait chez elle. La question de la passion qu'elle n'avait jamais connue lui vrilla l'estomac et elle serra sa main sur l'anse de son sac, ne sachant ce qu'elle devait penser de la conclusion à laquelle elle arriva intérieurement. Un simple « Peut-être. » franchit ses lèvres rougies des morsures qu'elle s’infligeait. Il sembla satisfait et ne poursuivit pas mais elle surprit son regard, sur ses lèvres, à elle et comme si elle avait eu peur qu'il l'embrasse, chose impossible, elle recula d'un pas, détournant vivement les yeux. Heureusement le sujet changea et elle sentit qu'il la regardait enfin elle et non plus cette bouche qu'elle ne lui donnerait jamais. Et les siennes qu'elle n’effleurerait jamais. Secouant la tête, elle répliqua sarcastiquement qu'il avait mis du temps à se rendre compte qu’elle était étrange, que si les gens la disaient étrange alors sûrement qu’elle l'était. Sa réponse l'ébranla plus qu'elle ne le voulut et elle serra les dents, ne voulant pas qu'il comprenne, qu'il la complimente et elle ne voulait pas de sa sincérité car elle la ressentit belle et bien. Presque étouffante. Il poursuivit la questionnant encore et elle entrouvrit les lèvres pour répondre avant qu'il ne la devance. « Je … Sincèrement, j'ai rien d'unique. Si les gens me trouvent bizarre c'est parce que je ne parle pas, que … j'ai de bonnes notes à l'école et que je n'ai pas vraiment d'amis. Si les gens me trouvent étrange c'est seulement car, oui, je ne rentre pas dans les mœurs et que je n'en ai pas envie. Les gens n'aiment pas les personnes solitaires et qui ne se dévoilent pas facilement … Ça me va comme ça. » acheva la jeune femme en haussant les épaules. Puis elle baissa les yeux sur ses habits avant de froncer les sourcils « Et je ne m'habille pas comme dans les années 2000 ! Je … J'ai un style, c'est tout ! » se justifia-t-elle, peu sûre d'elle. Elle achetait rarement de nouveaux habits car Christie s'en débarrassait assez souvent en les badigeonnant de javel avant de les jeter pour qu'ils soient irrécupérables. Plusieurs mois de deal et de travail àa la pharmacie qui avaient été jetés à la poubelle par la même occasion. Cette pensée l'enragea et elle préféra la chasser pour se concentrer sur ce qu'il lui disait. Mais le sujet se détourna encore sur sa tante, sa situation familiale et ses parents, à lui. La souffrance et la colère qu'elle vit transparaître brièvement dans ses yeux la fit tiquer. Peut-être que lui aussi avait vécu un profond malheur dans sa famille mais en quoi ça devait la regarder ? Ne serait-ce que la toucher ? Leo se refroidit en pensant ça, se sentant tellement égoïste. Elle voulait tellement n'être personne qu'elle en venait à vouloir être insensible pour ne plus avoir mal, ni compatir à la douleur des autres. Et encore la liberté, ce libre arbitre qui la faisait fantasmer. Elle baissa les yeux alors que la fumée de sa clope traversait la barrière de ses lèvres. Concentrée sur un point invisible au sol, elle eut un sourire amère en l'entendant lui demander « Pourquoi ? » … Oui, pourquoi, c'était bien ça la question qui la dérangeait. Il s'empressa de dire qu'il ne savait pas. En effet et ce ne serait pas aujourd'hui qu'elle lui laisserait une ouverture assez grande sur sa vie pour qu'il comprenne. « C'est pas si simple. Si je pars, je ferais quand même du mal à certaines personnes et ce n'est pas mon but. Je préfère partir en me disant que personne ne souffrira de mon choix égoïste. C'est tout ... » Elle avait dit cela d'une voix tellement hésitante qu'elle n'y crut pas. Tout ce qui l'empêchait de partir c'était Christie, Christie qui la retrouverait de toute façon, Christie et son regard meurtrier, sa force et les bleus qu'elle lui laissait, les os qu'elle tordait encore sans jamais ressentir de remords. Repoussant la peur qui grouillait dans son ventre elle l'ignora, comme elle le faisait toujours.

Rendu sur le lieu où il avait eu la bonne idée de l'entraînait pour manger, Leo entra, se faisant plus petite encore, ignorant les regards qui ne faisaient que passer sur elle ou qui s'y attardaient. Peu à l'aise, elle s'assit, raide comme un piquet avant de se détendre, légèrement. Comme totalement désabusé, Leo laissa fuser son prénom dans la conversation et fut surprise du ton qu'il employa lorsqu'elle dit qu'il n'y avait que son prénom d'original. Ce n'était pas un moyen de se rabaisser, du moins … Elle ne le pensait pas. Elle était ordinaire mais étrange, une sorte de paradoxe tout entier et concentrer dans une seule âme. Elle fit une moue presque vexée et répliqua « Je ne dis pas que je ne suis pas originale mais … Il y a des tonnes de filles brunes, aux yeux bleus et avec des prénoms de mecs. Je ne suis définitivement pas quérulente qui mérite ton attention, je l'ai déjà dit et je te laisse le découvrir alors sois content. » Reprenant son souffle, elle leva le nez de cette manière arrogante et effrontée avant de se replonger dans la carte qui présentait des tonnes de choses dont elle ignorait la consistance. Il lui demanda alors si elle était réellement mineur et elle se mit à rire. C'était spontané et extrêmement inattendu. Tellement qu'elle se stoppa bien vite en posant une main sur sa bouche, dissimulant un sourire amusé avant de se figer face à ses paroles. Ses yeux rencontrèrent les siens et elle resta silencieuse, reprenant un visage serein mais son esprit était littéralement en train de partir en vrille. Le seul qui lui ait dit ça était allait se perdre entre les cuisses de sa sœur alors elle ne dit rien mais ne détourna pas le regard avant qu'il ne lui dise qu'elle était encore jeune mais elle ne réagit même pas, encore perturbée par ce qu'il venait de lui dire, telle une adolescente en pleine découverte. Il lui dit enfin son prénom et elle laissa son prénom glissa entre ses lèvres, comme quelque chose qu’elle aurait pu savourer avant de lui demander si il était russe. Il lui confirma la chose après une blague qui la fit légèrement sourire. Le sujet de la drogue revint sur le tapis et elle lui avoua dealer pour l'argent, pour partir, le plu vite possible et il reprit d'un ton presque scandalisé. Leo secoua la tête, plongée dans l’incompréhension « J'y peux rien ! Je … Je ne peux pas partir ! Je ne le peux vraiment pas. » avoua-t-elle presque désespérée avant d'être interrompue par le serveur qui déposa les plats devant ex. Grignotant par-ci par-là, elle décida de prendre le tout entre ses mains avant qu'elle ne déclare que ce serait sûrement la dernière fois qu'elle mangerait ce genre de truc. Sa réponse la surprit, comme chaque fois en réalité et elle le regarda, ne sachant ce qu'elle devait penser « T'as de l'espoir de croire que dans 10 ans on parlera encore. Considère moi comme une fille qui passait par là même si j'aurais été ravie de faire le tour du monde mais … «  Elle lâcha un rire où ne teintait pourtant aucune joie « Désolée, c'est juste que je m'imagine même pas ce que je ferais dans 10 ans. Ok, c'est carrément badant de dire ça comme ça mais … J'espère juste devenir pharmacienne, avoir le temps de trouver un antidote qui guérira le cancer et je pourrais mourir en paix. » Elle haussa les épaules, ne se rendant pas compte qu'elle venait encore de lâcher une ribambelles d'infos sur elle « C'est un bon projet de vie, en fait. » Elle en vint à lui demander enfin pourquoi, lui, dealait. La réponse fut évidente et elle ne répondit rien. A la place elle demanda « Et tu rêves pas de faire autre chose Travailler ? Un loisir quelconque ? »

Finissant à peine son plat, elle le vit se lever et payer. Bouche bée, elle se leva prête à l'incendier mais il se tourna vers tout sourire et elle referma la bouche alors qu'ils sortaient du restaurant. Replaçant son sac sur son épaule, ils marchèrent un temps dans le silence alors que lui sortait son joint et elle une simple clope qu’elle alluma, comme si c'était une habitude, machinalement. Il lui demanda si elle était rassasiée et elle hocha la tête « Oui … Merci. » dit-elle du bout des lèvres avant de se taire à nouveau et de laisser la nicotine envahir ses poumons pour mieux ressortir. Puis la voix de Yulian fusa à nouveau et elle se figea net, ses pieds s'arrêtant brusquement de fonctionner. Elle vit qu'il semblait peu à l'aise, comme si il lui demandait de sortir avec elle ou qu'il lui proposait d'aller valser dans une fontaine. L'idée lui parut amusante mais totalement idiote. « Dans … quel sens ? » Simplement pour être sûre, elle ne voulait pas qu'il pense qu'il pourrait la décoincer, qu'il la touche ou qu'il croit qu'elle était de ces filles passionnée et passionnelle. Un soupir puis elle abdiqua « D'accord. » Elle s'étonna de se laisser aller ainsi mais elle n'était plus à une erreur près. Se remettant à marcher, elle fit comme si tout était normal avant de se tourner brusquement vers lui « Pourquoi ? Je veux dire … Pourquoi moi ? C'est une question tout à fait idiote, égoïste et un peu … un peu bizarre mais … Je suis sûre que tu as tellement de trucs à faire. Ne te force pas à me tenir compagnie parce que je te fais de la peine ou pitié. » Elle baissa légèrement les yeux avant de les planter de nouveaux dans les siens, déterminée « Passe la soirée avec moi parce que t'en as envie et là, peut-être que je te concéderais quelques réponses sur ma vie si t'en as tant envie que ça. Dans le cas contraire, tu peux aller fesser le cul à ta sexfriend préférée. » Sur un sourire intriguant, elle se détourna et reprit sa marche, se sentant totalement idiote, fébrile et étant sûre qu'il la rembarrerait aussi violemment qu'il l'avait fait une heure plus tôt.
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Leo & Yulian
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Si elle ne se trouvait pas unique, Yulian, quant à lui essayait tant bien que mal de lui signifier sa singularité. Ce n’était pas tant son apparence ou sa manière de s’habiller, c’était surtout sa manière d’être qui changeait totalement des autres filles de son âge. Elle n’essayait pas de se rendre intéressante, encore moins de se rendre belle ou attirante. Cela lui donnait un air naïf et c’est ce qui faisait toute sa beauté, autant extérieure, qu’intérieure. Sa singularité n’avait rien avoir avec la bizarrerie à laquelle elle faisait référence et bien que le jeune homme s’efforçait de le lui prouver, elle resta campée sur sa position. Il soupira quelque peu, la regardant dans les yeux, toujours autant et dit, pour changer de sujet : « Alors comme ça t’es une intello ? » Il émit un petit rire, presque moqueur tandis qu’il observa une fois de plus la manière dont elle était habillée. « Ouais, t’as un style rétro quoi. » Continua-t-il, il avait envie de l’intimider, encore et toujours autant et ça l’amusait car il y parvenait à chaque fois. Cela était devenu presque son passe-temps favori et il ornait toujours ce sourire de vainqueur lorsqu’elle lui faisait ces yeux qui indiquaient qu’elle commençait à s’énerver.

La conversation tourna bien vite au mélodrame lorsqu’ils se mirent à parler de liberté, enfin, lorsque Yulian se mit à parler de liberté. Leo lui expliqua brièvement la raison pour laquelle elle ne pouvait pas partir et il se mit directement à comprendre ce qu’elle pouvait ressentir à ce moment-là. Il avait été dans la même situation, le dilemme s’était posé pour lui également, quelques années auparavant. S’il partait, il abandonnait sa mère et par conséquent, allait lui faire du mal mais s’il ne le faisait pas, c’était à lui qu’il faisait du mal. Son choix avait été égoïste comme Leo l’avait soulevé mais il n’en était pas moins heureux puisque désormais, il pouvait jouir d’une vie presque normale. « Je vois, mais un jour, t’en pourras tellement plus que tu partiras sur un coup de tête sans penser aux autres. » Il dit cela instinctivement, sans penser à réellement ce qu’elle, elle voulait, se fiant simplement à son expérience passée. Il ne voulait pas l’inciter à faire ce qu’elle ne voulait pas, ou ce qu’elle n’était pas en capacité de faire mais simplement lui montrer que son bien-être était primordial et qu’un jour ou l’autre, elle s’en rendra forcément compte.

Au snack, ils discutèrent toujours et Leo se mit à dire, encore une fois, qu’elle n’était pas si unique puisqu’il y avait des tas de filles brunes aux yeux bleus avec des prénoms masculins. Yulian se mit à sourire, presque même à rire doucement. Elle prenait petit à petit de plus en plus confiance en elle, cela se remarquait dans sa façon de parler et cela rendait Yulian fou de joie intérieurement. Il commençait à la déshabiller de l’âme petit à petit et commençait à découvrir la véritable Leo. Il s’en réjouissait véritablement. « Ah mais je suis on ne peut plus heureux que tu me laisses entrevoir même qu’une infime partie de toi-même. Ça montre que t’es pas totalement désintéressée. » Lui glissa-t-il doucement, tout en se rapprochant d’elle sur la table, un sourire narquois aux lèvres. Cela paraissait logique, si elle le laissait découvrir sa personnalité, c’était qu’elle en avait envie et que par conséquent, elle veuille étoffer cette relation qui débutait à peine. Puis elle eut ce regard arrogant et quasiment effronté qui lui donnait un air de peste. Le sourire du jeune homme s’agrandit encore plus alors qu’elle ne le regardait plus, ayant replongé ses yeux dans la carte des menus.

Il s’était étonné de la voir sourire et rire, il était resté complètement bouche-bé et parfaitement ébahi devant tant de splendeur. Le sourire lui allait tellement mieux que cette tête quelle faisait constamment qu’il lui en fit la remarque, la voyant se raidir directement. Il comprit qu’il l’avait certainement touchée avec cette allusion et il jubila d’autant plus que leur regard ne se décrochait plus. Quelque chose se passait, comme une fusion et sans plus sourire, Yulian se mit à réfléchir intensément. Que voulait-il de cette fille au final ? Il semblait attiré naturellement vers elle, comme s’il avait le besoin réfréné de se préoccuper d’elle et pire que cela, de s’en occuper. Il sentait qu’il pouvait lui apporter quelque chose, peut-être un semblant de bien-être, il n’en savait rien, le terrain était pour le moment bien trop glissant, bien trop semé d’embuches dont il ne connaissait pas l’envergure et dont il nous pouvait donc pas se mêler. Alors, il se contenterait d’apprendre à la connaître, de la faire sourire et peut-être même rire. Ainsi, cela serait le début de son bonheur à elle.  

Il était vrai que Yulian avait été cru en lui disant qu’elle devait se casser et il était presque normal qu’elle s’écrie qu’elle ne pouvait pas partir, insistant sur ce fait deux fois de plus. Alors, Yulain la regarda, toujours mais n’ajouta rien, ne voulant pas qu’elle s’énerve plus que ce qu’elle n’était déjà. Il comprit qu’il ne fallait plus parler de cette liberté utopique et que c’était une réalité sensible. Puis il plaisanta, lui disant que dans dix ans ils reviendraient ici pour se remémorer leur soirée mais sa réaction à elle ne fut pas des plus plaisantes puisqu’elle lui répondit qu’il avait de l’espoir, enchainant sur l’avenir dont elle était complètement incertaine. Alors, à ce moment-là, il essaya de comprendre pourquoi, de comprendre dans quelle genre de situation une fille pourrait-elle ne pas se projeter et quelles en serait les raisons. Mais le tableau semblait bien trop sombre pour pouvoir s’y aventurer, Leo avait des tas de secrets trop bien enfouis au fond d’elle que pour les faire ressortir en une seule soirée. Yulian haussa les sourcils, étonné de sa réponse qui lui convenait médiocrement. Elle paraissait encore une fois énigmatique mais le jeune homme commençait à s’habituer petit à petit, ne prenant plus peur désormais. « Bah, je me dis que dans dix ans je serais toujours sur le même trottoir à vendre toujours les mêmes merdes et toi, tu passeras devant moi, tu te sentiras obligée de t’arrêter pour me dire bonjour et à ce moment-là je te proposerais d’aller manger parce que j’aurais entendu un semblant de gargouillis dans ton ventre. » Il lui fit un sourire, juste manière d’essayer de la détendre et continua : « Guérir le cancer… T’as de l’ambition, c’est bien. C’est un très bon projet de vie, ouais. Toujours mieux que de dealer toute sa vie, hein ? » Il lui fit un petit sourire, se rappelant que lui, n’avait jamais rien fait de bon dans sa vie, qu’il avait arrêté les études après le secondaire et qu’il n’avait jamais rien branler à l’école. Il se disait parfois même que son père avait raison, qu’il n’était qu’un bon à rien et qu’il finirait seul, pauvre et bête. « Nan, j’ai aucun rêve. J’ai arrêté l’école après la terminale et encore, j’ai fini le secondaire pour faire plaisir à ma mère. Je sais rien faire de mes doigts à part rouler des clopes. Alors tu vois, si je deale pas, je suis foutu, j’ai aucun diplôme. » Le syndrome de l’enfant traumatisé. Yulian en était arrivé là uniquement à cause de ses parents, de la situation qu’il y avait au sein de sa famille, ni plus, ni moins. Chaque jour, lorsqu’il partait pour aller à l’école, il se demandait comment il allait retrouver sa mère en rentrant et se demandait même s’il allait la retrouver vivante. Il n’en avait jamais parlé à personne et à ce jour, il se disait que peut-être il aurait dû et que s’il avait été courageux, tout aurait été changé dans son passé et qu’il ne serait pas devenu ce bon à rien qu’il était. Il apparut dans son regard une sorte d’amertume que la jeune femme aurait pu lire si elle le regardait, c’était assez dur à encaisser pour le jeune homme, cette situation, car il s’en rendait compte, il se rendait vraiment compte de son incapacité à faire quelque chose de bien dans sa vie.

Ils sortirent du snack et rebroussèrent chemin pour ratterrir sur leur trottoir respectif. Il fut soulagé de l’entendre lui dire qu’elle était rassasiée et s’empressa de lui demander, timidement mais presque instinctivement de passer la soirée avec lui. Puis, étonnamment, elle lui demanda dans quel sens il lui disait cela. Il se mit à la regarder, comme si ce n’avait pas été assez explicite. « Je savais pas qu’y’avait plusieurs sens à « passer la soirée avec quelqu’un ».  Je te demande juste de rester avec moi pour ce soir, pas qu’on partage le même lit. Quoi que l’idée me serait bien passée par la tête mais… » Il se mit à sourire, plaisantant avec le fait qu’il la trouvait bel et bien sexy et se mit à rire discrètement. « Soit. » Ajouta-t-il, clôturant la conversation et sans qu’il ne s’y attende, elle accepta. Cela n’aura pas été difficile se pensait-il. Il fut ravi, complètement heureux qu’elle fut d’accord. C’était encore une petite victoire pour lui, comme une autre étape de franchie dans leur semblant de relation.

Finalement, ils se remirent à marcher et Yulian prenait la direction d’un parking où était garée sa vieille Mercedes. Un silence s’installa, le jeune homme ne savait pas quoi dire sur le moment et se surpris à observer la jeune femme du coin de l’œil, de temps en temps, sans qu’elle ne puisse le remarquer. Il la trouva alors, encore une fois, belle et attirante. Ses cheveux ondulés se bousculèrent contre ses épaules et quelques mèches lui retombaient devant les yeux. Son regard, encré sur le sol, d’un bleu magnifique lui donnait ce caractère particulier, totalement en accord avec ce qu’elle était, cette fille intéressante, énigmatique, pertinente, chatoyante… Tout cela à la fois et c’est ce qu’il lui donnait envie de continuer à apprendre à la connaître, de creuser pour en savoir toujours un peu plus. Sa voix cristalline brisa ce silence pesant, demandant pourquoi il s’intéressait à elle pourquoi elle et pas quelqu’un d’autre, un tas d’interrogation qui n’avaient absolument pas lieu d’être et qui ne restaient pas une seule seconde dans l’esprit du jeune homme tant il trouvait cela idiot. « Ecoute, je me force pas à te parler parce que jamais personne te parle. J’ai pas pitié et tu me fais pas de peine. Je te demande de passer la soirée avec moi parce que j’en ai envie parce que tu m’intrigue et parce que j’ai envie de te connaître. C’est aussi simple que ça. » Il se mit à soupirer quelque peu, déçu de savoir qu’elle était aussi têtue et qu’elle n’arrivait pas à admettre que l’on pouvait s’intéresser à elle. « Tu m’intéresses plus que ma sexfriend je te signale. J’adore baiser, vraiment, mais c’est toujours la même chose avec toujours la même personne. » Il se sentit un peu con d’avoir lâché cela, pensant qu’elle pourrait croire qu’il voulait en arriver à l’acte sexuel avec elle. « Attend, je veux pas dire que je cherche à quoi que ce soit avec toi, t’inquiète pas, je… te toucherai pas. » Se justifia-t-il alors qu’il s’était un peu arrêter pour la regarder droit dans les yeux. « Tu m’attires pas sexuellement. » Dit-il tout en reprenant sa marche à ses côtés. « Tu m’attires différemment, c’est plus complexe qu’un simple désir charnel, tu vois ? » Il soupira, essayant de se dépatouiller comme il le pouvait avec ses explications toujours un peu maladroites. « Bon, bref, j’ai envie de passer la soirée avec toi pour des tas de raisons. » Il s’arrêta devant une voiture et sortit sa clef de la poche arrière de son jean. « On s’arrête là. » Lui dit-il tout en déverrouillant la serrure du véhicule pour pouvoir ouvrir les portes. « Allez, monte. » Ils s’installèrent tous les deux dans la voiture et Yulian s’empressa d’allumer le contact. A l’intérieur régnait une odeur de fumée froide, les sièges étaient usés et le tableau de bord semblait appartenir à une autre époque. Sa Mercedes, qu’il s’était payé avec les premiers billets obtenus de son trafic, datait des années quatre-vingts et il l’aimait énormément. Bien que vétuste et défraichie, elle fonctionnait toujours aussi bien et le jeune russe était toujours fier de s’y trouver au volant, évidemment, c’était bientôt une voiture de collection. Il démarra, sans vraiment savoir où ils allaient aller et s’engagea sur la route. Petit à petit ils s’éloignèrent du quartier où ils revendaient tous les deux tandis que le jeune homme alluma la radio. « T’aimes la musique ? » Il fallait bien commencer par quelque chose et c’est là-dedans qu’il voulut s’embarquer. Une question anodine, presque sans intérêt qui avait tout de même le mérite d’être posée. Yulian ne voulait pas creuser trop profondément pour le moment et surtout, ne voulait pas s’attirer ses foudres pour l’instant…




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- Yulian & Leo-
You don't know what's in store. But you know what you're here for. Close your eyes. Hold tight for this ride. We don't need no protection. Come alone. We don't need attention.
Lay yourself beside me

Alors qu'i lui clamait encore qu'elle était original, unique même, Leo n'approuva pas. Pas réellement en tous les cas et elle rechercha au fond d'elle ce qui pouvait bien la rendre unique. Au contraire, elle avait tellement envie d'être ordinaire, d'être cette fille singulière qu'il ne semblait pas voir en elle. Elle voulait être un être invisible, qui se fondait dans la masse sans qu'on ne la remarque. Elle voulait qu'on ne remarque pas qu’elle était triste, qu'elle était amusée. L'attention des autres lui donnait toujours envie de fuir. Elle était malsaine, mauvaise, étrange. Ce qui ne l’empêchait pas depuis quelques minutes de lui répondre, comme si elle avait brusquement oublié toutes ces promesses qu'elle s'était faites. Alors elle tenta de lui prouver qu'elle était étrange, oui, mais justement car elle était singulière. Car elle avait de bonnes notes, car elle voulait un avenir pour se barrer de ce trou où elle semblait creuser peu à peu son tombeau. Il sembla laisser tomber et elle fut tenté de sourire. Voilà une bataille qu'elle venait de gagner. Le décourageait et peut-être qu'il verrait enfin qu'elle était d'un ennui mortel et que la conversation, ce n'était pas son truc. Pourtant, il reprit en lui posant une question. La brune haussa un sourcil et cilla, ne sachant ce qu'elle devait répondre « Hum … Oui, on peut dire que je suis une intello. Disons que j'essaye d'assurer mon avenir, comme je le peux. » Et elle se rappela qu'il avait critiqué son style vestimentaire et s'en indigna après avoir jeté un œil à sa jupe noire et son haut qui semblaient avoir été à la mode … L'hiver dernier. Il sembla se moquer d'elle et elle fit une moue digne d'un enfant peu satisfaite. Oui, sûrement qu'elle n'était pas cette fille qui s'habillait comme un mannequin de Victoria Secret, qu'elle ne serait jamais aussi jolie que la plupart des filles qu'il y avait dans son université mais elle s'en contentait. Elle n'était pas réellement laide, juste discrète. Une beauté discrète qui lui allait bien. Jusqu'ici du moins.

Puis le sujet de la liberté arriva sur le tapis, comme des dés bien vite jetés. Un point qu'elle n'aurait jamais pensé aborder avec quiconque, même avec Arjan. Elle ne le trouvait pas utile. Qui s'intéresserait au fait qu'elle ait envie de s'en aller, tellement loin que personne ne la retrouverait, qu'elle pourrait enfin reprendre une vie normale. Quelque part où elle deviendrait quelqu'un, peut-être et où elle aurait le droit d'être celle qu’elle rêvait d'être. Il lui parla de ses parents et elle se surprit à ne pas vouloir compatir ou simplement à le comprendre. Leo n'avait pas l'envie de s'attacher à son discours et à ce qu'il contenait. Car si elle se mettait à avoir une once de sentiments pour ce qu'il venait de lui déclarer,elle finirait forcément par en vouloir plus, toujours plus. Comme elle l'avait déjà fait avec lui, celui qui avait réussi à lui briser le cœur, ce cœur qu'elle entendait battre en son sein, insolent et ne voulant plus s'arrêter de chavirer. Malgré tout, elle répliqua qu'elle n'avait pas envie d'être égoïste, de laisser derrière elles des personnes qui semblaient compter pour elle. Elle pensa seulement à ses cousines, si fière de leur mère, tellement heureuses d'avoir deux parents unis. Comment pourrait-elle se permettre de leur enlever ça ? Ce dilemme prenait de plus en plus de place dans sa vie et chaque fois elle se rappelait qu’elle était une enfant abandonnée, qu'elle savait ce que ça faisait de ne pas avoir de parents, de ne pas avoir d'attache familial. Alors elle oubliait et reprenait les tâches qui lui était données à la maison, oubliant par la même occasion ses envies de liberté. Ce fut ce qu'elle lui répliqua, évasivement, n’entrant pas dans les détails car elle n'entrait jamais dans les détails, avec quiconque. Il lui répliqua qu'un jour elle partirait, peu importe que le choix soit égoïste ou non. Réellement ? Elle en doutait et elle lui jeta un coup d’œil où il recelait une plainte silencieuse, une envie de dire « Oui, je le ferais. » mais elle baissa à nouveau les yeux, se sachant condamnée à cette vie qui ressemblait plus à un mauvais remake de Cendrillon qu'autre chose.

A leur table, Leo prit légèrement confiance en elle, juste assez pour pouvoir répliquer comme elle le faisait parfois avec Arjan. Ses sourires se firent moins rares et elle se surprit à répliquer avec arrogance. Lorsqu'elle reprit en lui disant qu'il y a des tonnes de filles comme elle, il sourit et elle laissa, encore une fois, pour la millième fois sûrement, ses yeux d'un bleu trop limpide errer sur ce sourire avant de les remonter lorsqu'il s'avança vers elle ce qui la fit serrer les poings qu’elle avait posés sur ses cuisses alors qu'il s'amusait encore d'elle. Sonnée, elle mit un temps avant de répondre « Je ne suis peut-être qu'une fille qui se sert de toi pour que tu lui payes à manger ... » qu'elle tenta de se justifier, n'ayant pas envie d'avouer que, oui, peut-être qu'elle était intéressée. Par ce qu'il représentait, par ce qu'il avait envie de lui montrer, par cette liberté qui revenait encore, toujours et qui la tentait tellement. Elle était fascinée, ébahie et elle aurait voulu être libre de lui dire ce qu'elle avait envie de faire, là tout de suite. Peut-être de partir, de s'allonger sur l'herbe d'un parc et de se droguer pour se laisser aller à leur réalité. Mais aucun mot ne franchit sa bouche et elle se placarda encore dans son silence. Puis il lui demanda alors si elle était vraiment mineur et elle se mit à rire. Chose qu'elle n'avait pas faite depuis … trop longtemps pour qu'elle puisse vraiment s'en souvenir. Bien sûr, elle avait pu pouffer, rire légèrement à une blague de son amie la plus proche mais jamais de grands éclats comme celui qu'elle venait d'avoir. Pour une chose tellement minime que ça l'étonna elle-même. Le dealer la complimenta, encore une fois, comme si il ne s'en lassait pas et elle s'immobilisa, comme brusquée par ce qu'il venait de lui déclarer. Ça n'aurait pas pu être plus sincère car totalement spontané, autant que le rire qu’elle venait de lâcher. Et leur mutisme ne se fit pas entendre dans le brouhaha qui les entourait pourtant il était bien là lorsque pendant quelques secondes, rien de bien long, ils se fixèrent, un lien trop étroit se créant entre deux âmes demandant la même chose. Elle fut la première à baisser les yeux, gênée. Elle allait se laisser glisse, encore une fois et se fracasser la tête contre le mur que serait Christie. Elle n'accepterait jamais qu'elle fréquente un homme qu'il soit un ami ou non. Elle s'éclaircit légèrement la voix avant le sujet ne change à nouveau, la conversation s'enchaînant avec un naturel dont elle ne se rendit pas compte.

Il lui rappela encore une fois qu’elle devait s'en aller, brusquement ,comme outré qu'elle puisse encore supporter une vie comme ça mais elle s'écria, sans prévenir, qu'elle ne pouvait pas. Elle ne le pouvait réellement pas. Il n'y avait pas qu'elle dans l'histoire et il n'y aurait jamais qu'une seule personne dans ce genre de situation. Comprenant peut-être qu'elle n'avait aucune envie d'en parler, il ne répliqua pas et intérieurement ,elle l'en remercia. Il n'insistait pas, ne forçait pas les barrières qu'elle irriguait, du moins... pas celle là. Une fois leur repas arrivait, la discussion se poursuivit. Et il lui promit presque que dans dix ans ils reviendraient ici, que ce ne serait pas la dernière fois qu’elle mangerait ce genre de choses. Elle voulait presque y croire mais c'était une réalité tellement lointaine et incertaine qu'elle resta légèrement en retrait concernant cette déclaration. Et elle devint même déprimante, lorsqu'elle déclara qu'elle ne s'imaginait clairement pas être encore ici dans 10 ans, si ce n'était encore en vie. Sa réponse l'amusa et elle esquissa un sourire, léger, trop léger pour être vu mais elle les sentit s'étirer. « J'espère pour toi que tu ne seras plus sur ce trottoir lorsque je repasserais. J'espère pour toi que tu trouveras un truc qui te passionne et que … tu trouveras un truc cool à faire. » Elle dit ça sans jugement, simplement sur un ton léger alors qu'elle se remettait à manger. Il commenta son projet de vie et elle fronça les sourcils lorsqu'il lui demanda, sans vraiment attendre de réponse, que c’était mieux que de dealer. « Non ! » s'écria-t-elle, en une seule soirée elle n'avait jamais autant haussée la voix et elle reprit donc d'un ton plus calme « Je ne mépriserais jamais quelqu'un qui se doit de dealer. Si ça fait gagner de l’argent, pourquoi pas. Je n'espère juste pas que ce sera ce que tu feras toute ta vie. Ce boulot apporte son lot de soucis, on baigne dans la dangerosité tous les jours et ... » Elle haussa les épaules avant de poursuivre « J'sais pas. Je pense que l'on est tous capables de faire autre chose que du deal, du moins pour ceux que j'ai vu dealer. Si on on en arrive là c'est jamais par plaisir à moins d'adorer l’adrénaline que ça nous apporte. C’est tout. » Se rendant compte que son discours n'était pas vraiment clair, elle s'empressa de boire une gorgée de sa boisson en détournant les yeux, ne les laissant jamais bien longtemps fixer sur quoi que ce soit.

Comme en accord avec ce précédent point, elle lui demanda si il n'avait pas de projet dans la vie, une envie de faire autre chose. Il haussa les épaules et comme totalement désabusé, il lui avoua qu'il avait arrêté l'école après le secondaire et elle cilla en l'écoutant. Quelque chose se fêla en elle et elle eut cette envie de l'aider et elle se sentit brusquement malade. Elle n'était personne pour vouloir l'aider, le soutenir. Elle-même n'arrivait jamais à s'aider et cette envie soudaine la laissa muette un instant avant qu'elle ne puisse entrouvrir ses lèvres, de cette voix légèrement éraillée « On a tous des rêves. Tu veux pas … Je sais pas … Faire le tour du monde ? Connaître d'autres cultures ? Ou peut-être que tu aimes le chant, la musique ? Les femmes ? La photo ? Je suis sûre que tu as un rêve, tu te l'interdis, c'est tout. » Son ton était tellement vindicatif qu'elle s'empressa d'ajouter dans un balbutiement « Enfin je … J'en sais rien, je suppose, c'est tout. » Elle eut une expression légèrement triste alors qu'elle continuait, sa langue se déliant de plus en plus « Si ton délire c'est la drogue, crée la tienne. Je te dis pas de faire la même chose que moi mais … Si la drogue c'est vraiment ton truc, il faut en jouer, l'exploiter, aller au fond du truc. Enfin, c'est ce que je pense ... » Elle lui sourit brièvement avant de prendre son sérieux.

Il se leva enfin pour payer et elle se leva à sa suite. Le froid de la nuit attaqua ses cuisses nues et elle remonta veste en jean sur son épaule dénudée et e alors qu'elle allumait automatiquement une clope, il lui proposa soudainement de passer la soirée avec elle. Des images peu chastes lui virent en tête et elle eut soudainement peur. La question fusa alors et il répliqua, la faisant rougir, encore. Et comme si elle ne ne pouvait s'en empêcher, elle haussa un sourcil redevenant cette fille arrogante qu'elle dissimulait constamment « Coucher avec moi n'est pas une partie de plaisir. Comme je te l'ai dit, je ne ressens rien alors tu peux garder tes fantasmes. » Le ton n'était pas méchant presque amusé et elle accepta enfin. Ne s'attardant pas sur cette liberté qu’elle venait de s'accorder, elle reprit sa marche avant de s’arrêter encore une fois, faisant part de sa peur, qu'il ne se force pas à rester avec elle juste par pitié. Elle détesterait ça. Le russe répliqua et elle sentit son corps se réchauffer, comme si indépendamment d'elle, son esprit était ravie de la réponse qu'il lui donna. Et elle se rappela que lui aussi lui avait sortit ce genre de baratin, lui qui avait baisé sa sœur sans aucun remords. N'ayant jamais voulu se laisser gangrener par la haine des hommes, elle refoula ses souvenirs et leva les yeux vers lui, intriguée, elle aussi. Puis elle finit par hausser un sourcil quand il avoua qu'il n'était pas intéresser par elle pour le sexe, pourtant ses sous-entendus disaient le contraire mais elle se trouva bien idiote de s'être cru réellement désirée. Mais elle ne fut pas plus déçue que ça lorsqu'elle entendit la suite. Elle hocha la tête, gênée ne laissant échapper qu'un « Bon et bien … C'est parfait. »

Ils arrivèrent sur un parking et il lui dit de s'arrêter là, chose qu'elle fit brusquement, se tenant devant une voiture pour le moins … vintage. Lorsqu'il l'invita à monter, elle le fit et il s'empressa de démarrer et de mettre de la musique. Elle l'écouta alors qu'il lui posa une question sommes toutes assez banale mais qui la fit sourire, elle scruta son profil avant de jeter le mégot de sa cigarette par la fenêtre « Ouais, j'aime la musique. J'en écoute pas vraiment pare que … Enfin, j'ai pas d’ordinateur ni de portable mais dès que je le peux j'écoute du rock ou … des chansons françaises même si j'y comprends rien. » avoua-t-elle dans un murmure. Croisant ses jambes, elle laissa sa tête se poser contre la vitre entrouverte et scruter la rue qui défilait sous ses yeux. Et une mélancolie déplacée la prit aux tripes. Elle regretterait en rentrant, elle allait tout regretter. Cette soirée, ces discussions et elle sen voulut.. Mais peu importait. Oui, peu importait tout de suite. Elle se tourna à nouveau vers lui « Et à part tes parents, tu 'as pas de famille ? Je veux dire des frères ou des sœurs ? » Elle devait bien poser quelques questions elle aussi mais n'eut pas envie de se faire trop intrusive. Reportant son attention sur la rue, elle demanda soudainement « Tu nous emmènes quelque part ? Un endroit secret, peut-être ? » demanda la jeune fille sur un ton taquin avant de se replonger dans le silence.
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Leo & Yulian
Had to lose my way to know which road to take. Trouble finds me. All I look forward washed away by a wave ▬ Imagine Dragons

Les yeux du jeune russe détaillaient sans cesse chaque strie de ses yeux, chaque reflet qui faisait de son regard la chose la plus fascinante qu’il puisse regarder à ce moment-là. Il se rapprocha d’elle tout en lui disant qu’elle n’était pas vraiment désintéressée puisqu’elle osait lui parler de choses relativement intimes. Elle s’empressa de répondre qu’elle se servait peut-être de lui pour qu’il lui paie à manger. Sans attendre, un sourire puis un rire se fit entendre venant de sa part, il ne se moquait pas mais le fait qu’elle se voile la face ainsi l’amusait et lui donnait envie de la charrier. « Tu te servirais de moi alors que t’as insisté pour que je ne paies justement pas ? Arrête, je sais que je t’intéresse, avoue. » Ses sourcils se haussèrent et son regard s’intensifiait pour laisser transparaître son envie de l’intimider, comme à l’accoutumée depuis qu’elle avait accepté d’être en sa compagnie. Quelque chose dans son comportement lui indiquait qu’elle lui portait un intérêt et évidemment, cela le rendait fier, presque même heureux de lui-même, comme un enfant récoltant une bonne note à l’école, ce qu’il n’avait jamais connu.

La conversation tourna bien vite à autre chose, un compliment, un silence et tout était reparti. Leo avait les yeux fuyants, comme si Yulian l’impressionnait et plus elle fuyait son regard et plus il le cherchait, voulant jouer avec chaque lueurs qu’il exposait, savourant toujours un peu plus la douceur qui s’en émanait. Parfois, elle paraissait gênée et Yulian avait directement ce petit sourire au coin des lèvres qui montrait qu’elle faisait grandir en lui une sympathie et une adoration hors du commun. Elle ne s’en rendrait certainement jamais compte mais elle était adorable, plus que toutes les femmes qu’il avait pu voir auparavant. Il se disait que c’était certainement dû à son âge, qu’elle était encore jeune pour avoir la maturité qui faisait que les filles mignonnes devenaient séduisantes.

Parlant du futur tous les deux, Yulian était resté encré dans la réalité. Cette réalité bien triste qui lui disait que d’ici dix ans, il se trouverait toujours sur ces mêmes mètres carrés de ce même trottoir à revendre aux mêmes drogués, comptant les heures, les billets, les jours. Et il se disait que les jours allaient se ressembler, être commun les uns avec les autres, désespérément les mêmes, verrouillés dans cette routine quotidienne qui faisait de lui ce garçon en apparence sûr de lui. De toute évidence, il ne se voyait pas faire autre chose, tout simplement parce que cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas goûté à une vie normale et qu’il serait bien trop compliqué de retourner à quelque chose de simple, s’intégrant complètement avec les mœurs des jours présents. Il se disait parfois, également, qu’il aurait dû avoir le courage de pouvoir faire des études, de devenir prof ou juste apprendre à faire un métier, pour s’inscrire dans la normalité. Pourtant, sa vie n’avait été qu’échec et succession de mauvais choix qui avaient fait de lui la mauvaise personne qu’il se considérait être. Puis, sans s’y attendre la jeune femme se mit à prendre la parole, lui disant qu’elle espérait qu’il trouverait un truc cool à faire et qu’il ne sera plus sur ce même trottoir, dans dix ans. Il se surprit à aimer ce qu’elle disait, parce que lui aussi, au fond, il espérait changer de vie, devenir quelqu’un de bien. Mais des tas de choses faisaient qu’il était bridé dans cette vie qui ne ressemblait strictement à rien. « C’est cool d’être dealer, au moins, j’ai ma dose d’adrénaline tous les jours. » Il devait vivre quasiment caché, il était évident qu’il avait, par moment, des montées d’adrénaline, comme lorsqu’il avait dû se cacher quand les flics faisaient leur grande chasse aux drogués ou lorsqu’on le menaçait ouvertement. Le monde de la drogue n’était pas quelque chose de facile, c’était encore plus malsain que la prostitution, il y avait des tas de choses que les gens voulaient échanger contre leur dose minimum d’herbe, dont parfois leur corps… Puis elle continua, parlant sans cesse, haussant le ton, presque. Yulian s’impressionna à l’écouter jusqu’au bout, intrigué, attentif et sans jugement. Et il fut touché, touché parce qu’il avait l’impression qu’elle avait lu un espoir en lui. Il en fut subjugué, bouche-bé, sans voix. Il resta ainsi, plusieurs secondes à regarder alternativement ses deux yeux qu’il aurait volontiers gobé s’il avait pu le faire, sa bouche quand elle eut fini et dans sa tête, l’image de leurs lèvres réunies avaient été comme une évidence. L’image était synonyme de légèreté et de bien-être. C’était dingue le nombre d’émotions que le jeune homme pouvait ressentir à ce moment-là, la reconnaissance qu’il commençait à lui confier, intérieurement. Il eut envie de lui crier merci, juste, merci. De lui prendre la main pour la lui serrer, ou même, son corps, juste pour avoir cru en lui lorsque personne ne l’avait fait pour lui. Et même si son discours avait été général, il l’avait pris personnellement et il l’avait aimé, rien que pour ça. « Je me sens pas capable de faire autre chose… Parce que j’ai jamais rien fait d’autre. Enfin, je crois. C’est quelque chose de facile et accessible, j’ai personne au-dessus de moi pour me dire ce que je dois faire ou comment je dois le faire et c’est ça aussi la liberté, selon moi… » Il se mit à regarder fixement la table, s’étant adossé complètement à la banquette derrière lui, réfléchissant à tout ce qu’elle venait de lui sortir. Il en fut tout retourné, l’estomac presque serré de savoir qu’il se trouvait idiot et qu’elle devait certainement le trouver également. Il soupira, et par mimétisme, prit sa boisson pour y boire quelque gorgée toujours fraîche. Il se confia, peut-être pour la première fois ainsi, aussi irréfléchis qu’il était et il se trouva con, encore une fois. Elle faisait des études elle et était intelligente, elle, se disait-il. Yulian n’était pas idiot, loin de là, il n’avait juste jamais apprécié l’école et le système qui croulait avec. Il n’était pas de ceux qui réfléchissaient avec les livres, mais plutôt avec l’esprit et c’est là qu’il puisait son intelligence. Et c’est lorsqu’elle parla de rêve que tout lui fit tilt. Jamais il n’avait osé s’imaginer rêver à quelque chose. Il ne s’était jamais laissé aller à vouloir quelque chose aussi fort qu’il aurait pu être considéré comme rêve. Et encore une fois il se retrouva démuni, démuni de mot, de réflexion, trop attiré par ce qu’elle venait de lui dire, trop fasciné par cette fille qui lui faisait découvrir la vie. « Ouais, j’aime les femmes. Indéniablement. » Dit-il faisant semblant d’être amusé, se rassurant lui-même, n’émettant qu’un simple rire étouffé, dénué de sincérité. Et à ce moment-là, il se rendit compte qu’il n’avait aucun rêve et tomba, comme on tombe de sommeil, d’abord lentement puis ensuite, tout d’un coup. « Je joue de la guitare, enfin, pas un truc de fou, mais juste comme ça, pour faire autre chose… » Il détourna le regard et déglutit, essayant d’évacuer l’angoisse qui s’était emparé de lui. « Et même ça, ça m’intéresse pas. Le shit j’en ai rien à foutre, c’est juste de l’argent facile… » Sa jambe sautillait, tremblait sous la table comme si cette conversation commençait lentement à l’enivrer d’agacement. « J’ai juste pas de rêve, c’est bon quand t’es gosse ça, après, la réalité te rattrape. » La conversation l’avait complètement chamboulé, se rendant compte qu’il n’avait certainement aucun objectif dans sa vie, à part pouvoir gagner assez d’argent pour pouvoir payer sa bouffe ou l’essence qu’il mettra dans sa voiture. C’était dur à encaisser et il ne voulait pas se l’avouer mais il aurait aimé avoir un rêve, avoir quelque chose à suivre tout au long des années pour pouvoir réaliser la meilleure chose qui puisse arriver dans son existence.

Ils se retrouvèrent dehors, ensemble, côte à côte. Yulian appréciant la fumée d’un joint déjà entamé, ne se préoccupant pas un instant du regard qu’elle aurait pu porter sur lui à ce moment-là. « J’ai pas dit que j’avais envie de coucher avec toi et t’es loin d’être un fantasme, crois-moi. » Lui répondit-il avec arrogance tout comme elle le faisait avec lui. Il avait envie de la sentir gênée, comme elle l’avait été une heure auparavant. Jubilant par sa façon d’être, il l’emmena dans sa voiture et s’était dit qu’il serait bon pour elle de se changer les esprits. Puis il avait envie de la connaître, d’apprendre à la connaître pour pouvoir peut-être, se l’approprier à un moment ou à un autre. Ils commencèrent par une conversation totalement normale, quoique peut-être trop basique mais qui donnait le ton sur leur envie de s’approprier le caractère de l’un et de l’autre. « Quoi, t’as pas d’ordinateur ni de portable ? Tu fais comment avec tes clients ? » Dit-il, étonné. Elle n’avait rien d’une amish pourtant, alors pourquoi n’était-elle pas comme tout le monde, avec un téléphone et un ordinateur ? Yulian se mit à se poser des tas de questions qui resteraient sans doute, sans réponses. Lui-même n’était pas bordé d’argent et pourtant, il possédait tout ce qu’il lui fallait. « Décidément t’es de plus en plus original. » Dit-il, d’un ton un peu plus amusé qu’à la seconde précédente, arborant un petit sourire sur les lèvres. Le regard fixé sur la route, le chemin qu’il voulait se dessinait petit à petit dans son esprit et il décida lentement du lieu où il voulait l’emmener.

« J’ai des cousins et des cousines un peu éparpillés partout. On se voit rarement. J’ai pas de frère ni de sœur et c’est mieux comme ça. Et toi ? » Dit-il, simplement, sans aucune justification ni autre parole qui pourrait lui porter préjudice ou qui pourrait laisser entrevoir sa vie personnelle à la jeune femme. « Je t’emmène voir ce qu’on rate en restant sur nos trottoirs. » Lui répondit-il lorsqu’elle lui demanda où est-ce qu’il l’emmenait. Le chemin allait être un peu long, un quart d’heure environ et Yulian augmenta le volume de la radio, laissant à la jeune femme tout le loisir d’écouter de la musique puisque par évidence, il savait qu’elle n’en avait certainement pas l’occasion tous les jours.

Le chemin fut silencieux, rythmé par les musiques actuelles, ils auraient toute l’occasion pour parler lorsqu’ils seraient arrivés. Lorsque cela fut fait, Yulian se gara près d’un arbre et bizarrement, il n’y avait plus aucun lampadaire là où ils se trouvaient. Il reprit ses clefs, se tourna vers Leo et lui dit : « Attend là deux secondes. » Il sortit du véhicule et se dirigeait vers la porte opposée, l’ouvrant immédiatement et tendant sa main à la jeune femme. « Nous voici arrivés. » Il l’aida à sortir de la voiture et lui tint la main quelques secondes avant de la lui lâcher, ne prêtant pas attention au fait que ce contact était le premier qu’ils avaient. Ils avancèrent quelque peu, menés par le jeune homme et se trouvèrent sur une sorte de petite colline qui surplombait la ville. De là où ils étaient, ils pouvaient voir toutes les lumières danser en bas et le spectacle, aussi anodin était-il, était magnifique. Il ne cherchait pas à l’impressionner, juste à lui faire coller sur ses lèvres un sourire qu’elle ne quitterait plus. « Alors, t’en dis quoi ? » répliqua-t-il, l’air satisfait de lui-même…




© Gasmask
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- Yulian & Leo-
You don't know what's in store. But you know what you're here for. Close your eyes. Hold tight for this ride. We don't need no protection. Come alone. We don't need attention.
Lay yourself beside me

Comme si c'était devenu un passe temps absolument délectable, il surenchérit sur le fait qu'elle tente de nier qu'elle n'était pas vraiment intéressée par lui mais seulement par le fait qu'il pourrait lui payer un repas. Une tactique qu'il acheva de bousiller avec sa remarque et lui demanda subtilement d'avouer que oui, elle était intéressée, par lui, parce qu'il représentait et elle le fixa, ne sachant pas si elle devait lui dire oui ou continuer de laisser planer le doute. Quoi que sa seule présence aussi avait dû lui prouver qu'elle était au moins intriguée. Alors elle lâcha ce « Peut-être. » qui agaçait tant de monde en haussant les épaules, laissant pourtant un sourire léger se poser sur ses lèvres. Toujours si peu à l'aise il fallut un rire pour la décoincer, légèrement. Comme un réflexe qu'elle n'avait pu retenir et elle eut honte de cet éclat de rire, surtout en se rappelant qu'elle avait dû avoir ce rire tellement peu féminin qui la caractérisait. Du moins, elle s'entendait comme un phoque échoué sur la banquise. Posant une main délicate sur sa bouche, elle se figea lorsqu'un compliment fusa de son partenaire d'un soir. Ses joues rosirent peut-être mais elle ne sentit que son esprit s'immobiliser tout en même temps que ses muscles. Elle retrouva sa réserve habituelle et détourna encore les yeux, ne le voyant pas sourire et l'observer. Qu'y avait-il à observer d'ailleurs ? Un visage maigre, un nez légèrement relevé souligant son air arrogant, des tâches de rousseurs qui ressortaient un peu trop à la lumière des néons du snack, des yeux bleus pénétrants et une lèvre tuméfiée. Rien qui n'aurait pu fasciner, rien qu'elle n'aurait pu trouver attirant et elle eut envie de baisser un peu plus la tête, ne supportant pas de le sentir la regarder. La beauté était une chose si superficielle, une enveloppe qui ne servait qu'à vivre dans un monde cruel mais elle n'y apportait pas vraiment d'importance chez les autres. Ce qui ne l'empêchait pas de peu à peu sentir son corps dépérir et son visage autrefois poupin et où un sourire planait toujours se métamorphosait peu à peu en une épave qu'avait construit les coups et la méchanceté de Christie.

Le sujet d'un futur peut-être commun fut alors prononcé et Leo l'arrêta d'une phrase où vibrait toute la déprime du monde. Elle n'avait aucune envie d'espérer qu'ils se revoient, ne serait-ce que le lendemain, ne serait-ce que dans une semaine. Leo n'avait pas envie d'attacher de l'importance à sa personne et pourtant lorsqu'elle écouta sa voix où teintait un accent si particulier, un timbre unique, elle sut qu'il était déjà trop tard. Il était déjà trop tard lorsqu'il était venu vers elle tout à l'heure, lui souriant et la questionnant encore et encore sans se lasser de sa façon de le repousser. Quelque chose remua en elle et pourtant elle ne perdit pas une miette de ce qu'il dit. Et elle s'indigna, soudainement. Elle n'espérait pas qu'il soit encore là dans 10 ans. Tellement pas. Tout le monde méritait de vivre son rêve, d'accomplir une chose qui les passionnaient. Tout le monde même lui et surtout lui, se dit-elle. Elle cilla lorsqu'il dit d'un ton qui sonna faux que c'était cool de dealer. Dessinant des arabesques au sens infini du bout du doigt sur la table, elle fronça légèrement les sourcils « Je pense que si ça en vient à mettre notre vie en danger, non, ce n'est pas si cool. Enfin, j'ai ma dose d'adrénaline et de danger sans même dealer. On pourrait me croire combler de côté-là » ajouta-t-elle en souriant, tentant de faire de l'humour sur sa situation familiale, chose qu'il ignorait toujours et elle préféra le laisser poursuivre, n’ayant aucune envie de tendre la perche pour qu'il se pose encore des questions. Et Leo s'indigna, prononçant un « Non ! » si expressif que plusieurs regards furent attirer par elle. Se calmant et baissant d'un ton, elle déblatéra un discours qui l'étonna elle-même. Elle n'avait jamais autant parlé et elle aurait sûrement laissé ce mec croire qu'il était un incapable si elle n'avait pas vu dans ses yeux plus tôt qui ne la considérait comme une simple chose fragile et rien que pour ça elle ne voulut pas qu'il se rabaisse devant elle. Elle voulut presque lui assurer qu’elle était sûre qu'il était capable de quelque chose de bien , de mieux que le deale. Et sa réponse l'ébranla et elle vit dans son regard qu'elle l'avait peut-être blessé et Leo se sentit coupable. Sans même le vouloir, elle venait peut-être de détruire quelque chose et étrangement, elle ressentit une peur, un peu idiote car ils ne se connaissaient même pas. Serrant les lèvres, elle l'écouta répliquer de ce ton où résonnait des dizaines d'années de douleurs. Comme en écho à ce qu'elle ressentait tous les jours. Ne sachant ce qu'elle devait dire, elle prononça un « Désolée, je … Je voulais pas remettre en question ce que tu fais. On est tous capables de quelque chose. Du pire comme du meilleur. On se l'en empêche c'est tout. » Elle lui lança un sourire qui se voulut rassurant avant de se ressaisir et de le perdre. Ce putain de sourire qui s'était matérialisé si naturellement qu'elle eut envie de se mettre en positon fœtale sous la table. Elle était en train de faire une connerie, une belle connerie. Et ça ne l'arrêta pas, elle restait humaine, une humaine faible.

Elle reprit son discours et il l'interrompit un instant pour confirmer qu'il aimait les femmes, oui mais il ne résonna aucune passion dans sa voix. Tentant de détendre l'atmosphère, elle demanda brusquement « Et quel genre de femmes ? » Peu importait la question qu'il lui donnerait, elle eut envie de retrouver un bref instant son regard rieur et se sentit fautive, vraiment fautive de l'avoir mis dans un état pareil. Comme si il réalisait quelque chose et qu'elle avait tiré le rideau sur une chose qu'il s'était longtemps caché. Il reprit e ce ton qui se fit cynique, qui lui rappela ce qu'elle pensait depuis longtemps. Replaçant une mèche qui s'était perdu sur sa joue derrière son oreille, elle secoua la tête « Non, les rêves c'est pour tout le monde. Enfin je … Je crois qu'on ne peut pas s'arrêter de rêver même quand on touche le fond et je le touche tous les jours pourtant, j'espère vraiment que je saurais réaliser ce dont je rêve depuis si longtemps. Même si je me l'en empêche pour le moment. Ça viendra et je te retourne tes paroles, un jour, tu en auras tellement marre que tu le feras. Tu te lanceras dans ce rêve que tu t'interdis. Tu le saisiras car … Ça te semblera évident. » Elle s'arrêta,se sentant un peu bête d'avoir pris ce sujet autant à cœur et elle préféra se taire en reprenant une gorgée de sa boisson gazeuse. La conversation s'acheva et ils se levèrent enfin pour sortir.

Son envie à lui fut vite déclarée et elle se méfia rien qu'un instant. Voulait-il plus ? Comme tous les hommes qui l'abordaient en général mais il brilla une lueur d'incompréhension dans les yeux du russe qui la fit se sentir idiote, un peu plus, alors qu'il avouait ne pas avoir envie de coucher avec elle et qu'elle n'avait rien d'un fantasme. Une fêlure, elle la sentit. Leo n'avait pas eu envie qu'il la désire loin de là mais de savoir qu'elle n'était pas vraiment un fantasme, pour lui lui donna envie de se détourner et elle laissa échapper un « Oh ... » assez neutre car elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait dire. Arrivés à la voiture, la jeune fille monta après une légère hésitation. La musique envahit très vite la voiture et elle attendit un moment avant qu'il ne lui pose une autre question. Elle y répondit laissant encore une information personnelle s’échapper, comme inconsciente de la façon dont elle commençait à se livrer à lui. Il lui fit part de son étonnement et elle dt juste « Le bouche à oreille. La plupart de mes clients sont des étudiants ou alors … Ouais, y a quelques mecs qui trempent un peu trop dans la drogue mais eux, ils se débrouillent pour me contacter, rien de bien fou. » Elle préféra rester flou sur la façon dont l'un de ses clients les plus proches arrivait à la contacter. Il savait parfaitement où elle habitait et n'hésitait pas à venir à sa fenêtre lorsque son envie se faisait trop pressante. Christie n'était pas au courant et chaque fois elle le pressait du bout des lèvres, sachant très bien de quoi il était capable dans une crise de manque, de disparaître et lui donnait rendez vous dans l'heure qui suivait. Un frisson la saisit quand elle se rappela la façon dont il l'avait menacé quand elle avait été tentée de lui rappeler qu'elle ne laissait personne s'en aller sans payer. Loin de lui avoir donné son argent, il l'avait avertit du danger qu’elle risquait à le défier et c'était dans ce genre de moments que Leo se rendait compte du monde dans lequel elle était en train de se noyer. Mordillant ses lèvres, elle revint au présent et esquissa un sourire pour achever la conversation puis elle lui demanda si il avait des frères et sœurs. Il lui répondit et elle ne fut pas surprise qu'il lui retourne la question « Euh ...oui, on peut dire ça. » Elle pensa à Lou, Lou et sa blondeur, Lou et ses tatouages qui ornaient à la perfection son corps trop bien formé, Lou et son ex, à elle, qui s'enlisaient dans la passion. La vision ne l'avait jamais quittée et pourtant ça faisait déjà deux ans. Elle ferma les yeux un instant, chassant encore une fois ce souvenir qui lui faisait mal « Oui, j'ai une demi-sœur. Mais j'en suis pas proche non plus. » La jeune fille se demanda pourquoi elle posait des questions qu'elle savait délicates et qui se retourneraient forcément contre elle. Elle se décida à garder le silence avant de demander où ils allaient. Elle haussa un sourcil en entendant sa réponse mais resta muette, le laissant augmenter le son de la radio et savourait le silence qui venait de s'installer entre eu. Si peu gênant et presque apaisant. Posant sa tête contre le vitre, à nouveau, elle se demanda un instant si Arjan s'inquiétait. Peut-être qu'elle pensait qu'elle était en bonne compagnie ou simplement retourné chez Christie pour x raison.

Ils arrivèrent dans un lieu où il n'y avait plus vraiment de lumière et elle regarda autour d'elle avant de le voir sortir. Il vint lui ouvrir et sans se poser de questions, elle saisit la main qu'il lui tendit. Le contact lui donna envie de s'écarter, non par dégoût mais car ça représentait un paquet de choses, un premier contact, plus qu'un effleurement. Il la lâcha automatiquement et elle se détourna de son profil pour observer le lieu où il l'avait emmené. Elle entrouvrit les lèvres, légèrement surprise par ce qui s'étendait devant elle. Le vent souffla contre son visage mais elle ne s'en rendit pas compte et elle esquissa un sourire, presque apaisée « C'est … superbe. Je connais pas cet endroit. » Elle se tourna vers lui et demanda alors « Tu viens souvent ici ? C'est ton lieu de recueillement ? » Le ton était plus amusé qu’autre chose et elle plongea ses mains dans les poches de sa veste trop grande pour elle « J'ai jamais vraiment le temps d'explorer la ville ni de la voir sous cet angle là. Et je sais pas pourquoi tu m'as emmené ici mais … Merci. A moins que tu sois une sorte de serial killer qui emmène toutes ses victimes ici pour les découper en morceaux bien sûr. » rajouta la brune en tentant encore de faire de l'humour.

Ayant une soudaine idée, elle regarda autour d'elle et tenta de voir le sol autant que l'obscurité le lui permettait. Haussant finalement les sourcils, elle s'assit puis s'allongea et dans un murmure elle dit « Tu vois … Parfois, quand je le peux je m'allonge dans l'herbe de mon jardin et je fixe le ciel. Alors ouais, c'est carrément naïf et un peu cliché de fixer les étoiles mais … Ça a un air d'infini tellement profond que ça m'effraie parfois. Je m'amuse à attendre une étoile filante, à tenter de la voir pour pouvoir faire un vœu qui ne s'exaucera sûrement jamais. » Elle lâcha toujours aussi gênée par la liberté qu'elle prenait à parler « Tu me dois trouver vraiment naïve et enfantine. Désolée. » Puis elle tapota du plat de sa main la place près d'elle « Viens. Fais au moins semblant d'être fasciné par le ciel, quelques minutes. »
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